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Rome, cité universelle / Patrice Faure, Nicolas Tran, Catherine Virlouvet 17/08/2021

Posted by Rincevent in Mes lectures, Mondes anciens - Belin.
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Eh bien voilà ! Encore un bon moment passé grâce à la collections Mondes anciens. Rome, cité universelle de Patrice Faure, Nicolas Tran et Catherine Virlouvet est paru en 2018 aux édition Belin. Et c’était très bien. Voir ici le billet couvrant la naissance de Rome, celui sur la fin de l’empire, voir aussi les billets sur l’atlas de l’empire romain, l’infographie de l’histoire de Rome ou celui sur le Proche-Orient ancien.
ISBN 9782701164960

Rome, cité universelle / Patrice Faure, Nicolas Tran, Catherine Virlouvet

Rome, cité universelle / Patrice Faure, Nicolas Tran, Catherine Virlouvet

Après avoir découvert les brumeuses origines de Rome, il était enfin temps de m’attaquer à la grande période, celle qui correspond à la fin de la république et l’avènement du principat (ce qu’on appelle improprement l’empire). Les bornes chronologiques choisies sont 70 avant notre ère, date de l’octroi de la citoyenneté romaine à tous les hommes libres d’Italie, et 212 de notre ère, moment où Caracalla choisit de l’octroyer finalement à tous ceux de l’empire. Que dire, que dire ? On suit désormais une Rome puissante qui continue à s’étendre. C’est l’époque de la conquête de la Gaule, de la Bretagne insulaire et d’une bonne partie des terres d’Europe centrale, mais aussi de tout le nord de l’Afrique, du Proche-Orient, etc. Autant dire que les légionnaires ont fait beaucoup de kilomètres. La période voit malgré tout régulièrement Rome s’agiter de soubresauts lors de guerres civiles provoquées par des vacances du pouvoir, les dernières années de la république étant quand-même assez chargées de ce côté-là, César et Pompée donnant de quoi se mettre sous la dent. Si les « règnes » de certains princeps (princes / premiers, car malgré leur pouvoir ils ne se présentaient que comme les premiers citoyens de la république, égaux aux autres) peuvent être longs et apporter la stabilité, les successions sont parfois laborieuses. Les nombreux arbres généalogiques fournis par l’ouvrage sont d’ailleurs très utiles pour resituer un peu les uns par rapport aux autres. J’ai été surpris de la relative rareté des cas où un dirigeant romain a pu transmettre son pouvoir à un fils. Dans la majeure partie des cas et quand il n’est pas question de changement de famille, la transmission s’est faite de grand-oncle à petit-neveu, souvent parce que… ben il n’y avait plus personne d’autre de disponible. D’où l’habitude dès le départ d’adopter officiellement son successeur pour couper court à toute contestation. Qui se produisit malgré tout. En dépit des légendes noires que se trainent certains personnages comme Néron ou Caligula, les auteurs nous font toutefois comprendre que bien souvent elles sont dues au milieu aristocratique qui avait dû payer cher (souvent de sa vie) leur opposition au prince et se vengèrent en leur taillant des costards. Mais une fois sorti de ce microcosme magouilleur, il semble que l’hostilité envers les princes n’ait pas été aussi forte partout ni dans toutes les catégories sociales, en témoignent des divinisations tardives, preuve qu’ils avaient conservé une bonne partie de leur capital sympathie.

Présentation de l'ouvrage par Patrice Faure

On s’étonne aussi de découvrir que ce n’est qu’assez tardivement que Rome trouva comment nommer l’espace soumis à sa volonté, en le nommant imperium populi romani. Une expression qui, au départ, signifiait « le pouvoir de commandement du peuple romain » – sous-entendu sur les autres peuples – avant de prendre un sens territorial qui correspond mieux à notre mot empire. C’est que, si les premières conquêtes étaient nées de guerres plus ou moins défensives avant de devenir offensives et prédatrices parce que sources de richesse pour les politiques et généraux romains, il fallut organiser tout ceci en tentant de mettre au pas les gouverneurs peu scrupuleux. On découvre ainsi la très grande porosité entre milieux aristocratiques, politiques, militaires et économiques puisque les individus passent facilement d’une case à l’autre en organisant la manière de s’enrichir. Les derniers chapitres, qui ne traitent plus l’événementiel mais sont thématiques, sont très instructifs et permettent de mieux cerner le fonctionnement et la remarquable stabilité de cet ensemble via la démographie, l’art militaire, l’économie et la culture. Comme on peut le lire à un moment, en dépit de l’extrême difficulté à tenter d’évaluer la démographie de l’imperium (entreprise souvent casse-gueule tant les sources sont rares et sujettes à interprétations divergentes), Rome a probablement imposé sa volonté à un espace extrêmement vaste mais dont la population a pu ne correspondre qu’à celle de la France actuelle. Une situation qui permet de comprendre, par exemple, pourquoi l’administration des provinces nécessita si peu de monde puisque ces régions étaient bien moins peuplées qu’actuellement. Et pourtant, à une remarquable diversité de peuples, de langues et de culture, Rome a su imposer relativement bien sa domination en ouvrant des capacités d’ascension sociale à leurs élites respectives, qui furent à leur tour de puissants relais d’influence.

Dans la rubrique l’Atelier de l’historien, on découvre un débat sur la notion de romanisation, très critiquée mais malgré tout très pratique pour l’étude de cette période, puis une présentation des sources à travers l’épigraphie (très abondante) et l’élargissement progressif de son champ d’études avant, enfin, d’aborder les nouveaux champs d’études apportés par les moyens scientifiques modernes : vestiges végétaux, tomographie permettant de lire des rouleaux trop fragiles pour être déroulés, archéothanatologie (ou la médecine légale appliquée à l’archéologie), etc. Comme toujours, une chronologie et un lexique très utiles se trouvent en fin d’ouvrage.

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