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Manuel d’héraldique emblématique médiévale / Laurent Hablot 29/04/2019

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Ces petites pépites qu’on ne repère que via une veille attentive. Voilà donc un Manuel d’héraldique emblématique médiévale de Laurent Hablot, tout juste paru aux Presses Universitaires François Rabelais. Lire aussi cette critique.

Manuel d'héraldique emblématique médiévale / Laurent Hablot

Manuel d’héraldique emblématique médiévale / Laurent Hablot

Ce fut une lecture captivante, autant le dire de suite. Laurent Hablot est un ancien élève de Michel Pastoureau, célèbre historien spécialiste de l’héraldique et des signes. Contrairement à ce que ce titre pourrait laisser croire, ce manuel ne se consacre pas uniquement à l’héraldique, même si les armoiries occupent une grosse part de l’ouvrage. En effet l’auteur nous présente les conclusions des plus récentes recherches concernant les armoiries, occasion de faire le point sur ce que l’on sait et de remettre en question voire de balayer certaines hypothèses anciennes, mais met aussi en avant de nombreuses pistes de recherches qui gagneraient à être creusées par de futurs étudiants et chercheurs. Jusqu’il y a trente ans la naissance des armoiries était expliquée de manière très simple : elles sont apparues vers 1160 avec la nécessité de se faire reconnaître sur un champ de bataille où le visage des combattants était quasiment invisible à cause de leur équipement militaire. Casques à nasal, haubert et écu d’un mètre cinquante de haut auraient donc mis en danger des chevaliers obligés de peindre leurs écus. Une telle vision est rejetée par Laurent Hablot : d’une part ces mêmes équipements existaient déjà lors de la bataille d’Hastings en 1066 représentée sur la tapisserie de Bayeux (et on peut douter que les chevaliers aient mis un siècle à se rendre compte qu’ils se trompaient parfois d’adversaire, sans parler des archers et fantassins). D’autre part, le chaos régnant sur un champ de bataille ne devait certainement pas permettre à quiconque d’étudier avec l’attention requise l’écu d’un individu : couvert de boue, de sang ou tout simplement perdu au cours de la bataille, l’écu ne pouvait tout simplement pas servir à identifier le combattant en temps de guerre. Un mythe s’effondre. Pour lui, l’héraldique est probablement née du besoin qu’à dû ressentir la vieille aristocratie carolingienne vivant entre Seine et Rhin de se distinguer des nouveaux hommes forts au service des nouvelles dynasties tels les Capétiens en adoptant de nouveaux emblèmes. L’étude des sceaux semble suggérer que ces vieilles familles bien établies abandonnèrent progressivement les vieux gonfanons représentant leur autorité mais dépourvus de signes pour adopter des bannières arborant des emblèmes qu’ils se choisirent (les raisons de ces choix nous étant très majoritairement inconnues). Assez vite, les emblèmes apparaissant sur les bannières se diffusèrent sur les écus, sans doute parce qu’on ne peut pas se battre en utilisant les deux simultanément, avant de se répandre sur tout l’équipement militaire et de se diffuser dans le reste de la société qui y trouva aussi matière à se faire reconnaitre.

Laurent Hablot élargit le propos pour se pencher sur les signes extérieurs qui s’agrégèrent à l’héraldique au fil du temps : cimiers (figures fantastiques fixées sur le sommet du heaume afin de paraître plus impressionnant), couronnes et chapeaux, supports et tenants, cris de guerre et devises héraldiques, etc. Mais l’auteur va encore plus loin et nous présente aussi de nombreux autres systèmes emblématiques (au sens littéral : des choix esthétiques ou sonores servant de représentation et d’identification des individus) utilisés au cours du Moyen-Âge européen : les devises, changeantes et multiformes, se mélangeants aux mots et chiffres et lettres choisis par de nombreuses personnes ; les livrées portées par les entourages princiers ; mais aussi des systèmes pouvant se recouper à tous les précédents comme les signatures, les portraits, les marques de marchands ou même celles du bétail. Bref, une très bonne lecture.

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