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L’Égypte des pharaons : de Narmer à Dioclétien / Damien Agut, Juan Carlos Moreno-Garcia 13/08/2017

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Encore une belle lecture fort intéressante. Après sa collection sur l’histoire de France, Belin rempile avec une nouvelle collection de même format consacrée à l’Antiquité. Sorti en 2016, L’Égypte des pharaons : de Narmer à Dioclétien de Damien Agut et Juan Carlos Moreno-Garcia nous présente une synthèse claire et fascinante d’une civilisation qui fascine depuis des millénaires. L’occasion de reprendre contact avec une période que j’avais beaucoup aimé quand j’étais enfant. Voir aussi cette autre critique de la Cliothèque.

L'Égypte des pharaons : de Narmer à Dioclétien / Damien Agut, Juan Carlos Moreno-Garcia

L’Égypte des pharaons : de Narmer à Dioclétien / Damien Agut, Juan Carlos Moreno-Garcia

Tombé dessus par hasard, j’ai hésité un peu avant de craquer, tant la collection précédente m’avait plu. Et je n’ai pas eu à le regretter. Couvrir quatre millénaires en moins de huit cent pages oblige à éviter le verbiage inutile. Richement illustré, doté de nombreuses cartes et frises, ce livre ne manque pas de qualités. Les auteurs nous annoncent dès le départ qu’ils vont casser les images habituellement associées à l’Égypte : finie la civilisation immuable et parfaite, disparu le déclin brutal dû aux vilains envahisseurs. Déjà, on commence par découvrir que la fameuse Égypte sur laquelle auraient régné par moins de trente dynasties jusqu’à la seconde domination perse (elle-même suivie de dominations gréco-macédoniennes puis romaines) eh ben… elle n’en a pas vu défiler autant que ça en fait. La notion même de dynastie pose problème, en particulier pour les plus anciennes (mais pas seulement) dont on a retrouvé que quelques noms de pharaons sans savoir dans quel ordre ils se sont succédé ni même s’ils étaient bien apparentés. Pour beaucoup il n’y a d’ailleurs pas de certitude quant à leur filiation. Et pour d’autres, ils se retrouvent parfois casés dans une dynastie avec laquelle ils n’ont absolument aucun lien, sans parler des dynasties qui en réalité étaient concurrentes et ont régné au même moment. Pour rappel, cette chronologie de dynasties vient de Manéthon, un historien égyptien du IVe siècle avant notre ère.

Les auteurs remettent aussi en question le découpage traditionnel selon laquelle l’histoire du pays se diviserait en ancien, moyen et nouvel empires entrecoupés de périodes intermédiaires. C’est très propre et net, trop selon eux pour qui ce découpage du XIXe siècle ne permet pas de comprendre les continuités et les moments de ruptures. Qui plus est, le terme d’empire est impropre pour une bonne partie de l’histoire du pays, puisqu’il n’affirma qu’assez rarement son autorité en dehors de son réduit nilotique. Si je ne vais pas résumer tout ça, je souligne quand même quelques points qui m’ont vraiment intéressé. Tout d’abord quand on pense à l’Égypte antique on pense à des tombes pillées mais recelant de beaux décors, ou des temples en ruine. Encore faut-il savoir qu’en période de dèche financière les pharaons n’ont absolument pas hésité à organiser pillages et démantèlements pour profiter à peu de frais de ce que leurs prédécesseurs s’étaient payés pour « l’éternité » (*rires*). Intéressant aussi de voir comment ces souverains ont pu galérer à se faire obéir et se plier à de multiples concessions, parfois sans grand succès, permettant néanmoins l’essor économique de temples ou de classes moyennes. On relativise aussi pas mal les temps de grandeur des Thoutmosis et Ramsès quand on comprend qu’en fait cette grandeur impériale reposait uniquement sur le pillage institutionnalisé des pays conquis qui recelaient tout ce dont l’Égypte était dépourvue (bois de construction, cuivre, étain). Et qu’une fois ces bien pillés perdus… a pu conquête, a pu richesse, a pu soutien populaire, a pu dynastie. C’était aussi sympa de voir l’Égypte talonnée par les royaumes nubiens de Kerma et Napata / Méroé, ce dernier s’étant payé le luxe d’envahir toute l’Égypte jusqu’à mettre le pied au Levant pour batailler avec l’Assyrie. Enfin les derniers chapitres montrent comment la domination romaine a parachevé le lent déclin de la civilisation antique qui rejoignit alors lentement la civilisation méditerranéenne globale.

En fin d’ouvrage, on retrouve la rubrique l’atelier de l’historien qui permet de découvrir la naissance de l’égyptologie et l’évolution de l’historiographie. Un glossaire et une chronologie, pratiques, suivent.

Bref, c’était très bien.

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