jump to navigation

Révolution, Consulat, Empire : 1789-1815 / Michel Biard, Philippe Bourdin, Silvia Marzagalli 08/07/2015

Posted by Rincevent in Mes lectures.
Tags: , , , , ,
trackback

Voilà un tome que j’aurais mis du temps à lire, puisque je l’avais entamé en août de l’année dernière… Révolution, Consulat, Empire : 1789-1815 est un ouvrage collectif de Michel Biard, Philippe Bourdin et Silvia Marzagalli paru en 2009 chez Belin dans la collection Histoire de France.

Révolution, Consulat, Empire : 1789-1815 / Michel Biard, Philippe Bourdin, Silvia Marzagalli

Donc, après l’avoir délaissé fort longtemps pour me consacrer à des lectures tibétaines, je revins à lui, en relus rapidement les cinq premiers chapitres avant de poursuivre normalement la lecture du reste de l’ouvrage. La période ne me passionne pas vraiment, mais j’ai quand même trouvé cette lecture intéressante car elle nuance beaucoup, beaucoup de choses et nous épargne les visions manichéennes et monoblocs de ce quart de siècle troublé. Parmi les petites découvertes, le fait que la condamnation de Louis XVI ait en fait suscité fort peu d’opposition au sein de la Convention si ce n’est au sujet des modalités de la peine (exécution ou prison ? peine immédiate ou retardée ?). De même, l’arrivée au pouvoir de Bonaparte qui ne rencontre qu’un attentisme satisfait de la population lassée de la situation chaotique du pays et des années de Terreur, ça m’a surpris. Et ça répondait bien à l’attitude hostile de la même population quand le même fut chassé une première fois du pouvoir en 1814. La guerre à outrance, visiblement ça a tendance à fatiguer les gens… Il était aussi intéressant, et risible, de voir l’empereur emmerder son monde pour instaurer un blocus continental destiné à affaiblir l’Angleterre, alors que cette dernière a finalement bénéficié de la disparition de la concurrence européenne dans les autres continents (ex : Espagne occupée = mains libres en Amérique du Sud). Dans le même temps, on comprend mieux le pourquoi du tour de vis réactionnaire de Bonaparte en ce qui concerne l’esclavage : sous l’Ancien Régime, l’île de Saint-Domingue représente la principale région productrice de sucre et de café au monde, mais cette production ne pouvait être écoulée librement. Interdiction absolue aux planteurs de la vendre à qui que ce soit en dehors des négociants français qui la rapatriaient en métropole avant de la réexporter (salant donc la facture en augmentant les frais de transport). La Révolution cassa complètement cette situation, d’une part en abolissant l’esclavage dans l’espoir de rallier les nouveaux libres au régime cocardien et au détriment des planteurs blancs ou de couleur ; d’autre part du fait qu’une fois l’Angleterre maîtresse des mers, les planteurs furent libres de vendre à qui ils voulaient sans intermédiaire. Si la production locale s’effondra au fil des multiples soulèvements d’esclaves, le reste des Petites et Grandes Antilles tirèrent leur épingle du jeu en développant leurs propres productions, rompant ainsi un quasi-monopole qui n’enrichissait que les villes portuaires de métropole. Il est intéressant enfin de voir comment la guerre révolutionnaire, pensée comme libératrice pour les autres peuples, est vite devenue prédatrice par nécessité puis par habitude sous le Consulat, et enfin purement conquérante sous l’Empire. L’administration et l’annexion des territoires non français reflètent parfaitement cette évolution et ce vampirisme croissant où l’Empire n’est au final qu’une énorme entreprise coloniale destinée à faire briller la France en reléguant le reste à un statut de seconde zone. Bref, c’était bien intéressant.

Au menu de l’atelier de l’historien, comme d’habitude on retrouve une partie abordant les sources (presque surabondantes), puis des approches plus thématiques : place des femmes dans la Révolution, l’abolition de l’esclavage, la perception de la Terreur, liens avec l’indépence américaine. L’historiographie, forcément contrastée au cours des deux siècles qui ont suivi cette période de chamboulement colossal, est bien entendu traitée.

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Vous avez quelque chose à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :