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Les renaissances : 1453-1559 / Philippe Hamon 18/07/2013

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Wow. Quatre mois pour un bouquin d’histoire. C’est pas fameux, ça. Faut dire que la période ne m’inspirait pas des masses. Enfin bref. Les renaissances : 1453-1559 de Philippe Hamon est paru en 2009 chez Belin dans la collection Histoire de France.

Les renaissances : 1453-1559 / Philippe Hamon

Les renaissances : 1453-1559 / Philippe Hamon

Le tome précédent nous avait laissé en compagnie de Sa Majesté Charles VII qui avait chaleureusement raccompagné quelques touristes anglais à leurs bateaux. On peut supposer qu’il les salua amicalement d’un majeur fièrement dressé vers le ciel, en se jurant néanmoins de ne plus laisser des visiteurs d’Outre-Manche rester dans le pays au-delà de la date de restitution du gîte. Le siècle à venir s’annonçait très différent. Comme plusieurs de leurs prédécesseurs, les souverains de cette période ont aussi eu à gérer quelques petits problèmes domestiques comme des révoltes des grands du royaume (avec parfois le dauphin en guest-star), de voisinage avec les guerres d’Italie où Charles VIII et François Ier pataugèrent joyeusement, et dynastiques avec notamment l’extinction biologique de la famille des Valois pour cause de je regarde pas où que je marche et je me tue en me cognant la tête, ou alors en comprenant tardivement que jouer à recevoir une lance dans l’œil ça peut être dangereux. L’auteur nous présente chaque règne en quelques pages avant d’entamer des chapitres thématiques. La Renaissance voit l’habituel conflit franco-anglais se compliquer avec un nouveau joueur : Charles Quint et les Habsbourg, dont la puissance fascine et effraie ses voisins, au point de susciter des rapprochements (mais pas trop quand même). À l’intérieur, plusieurs grandes principautés reviennent au roi par succession, et trois d’entre elles (Bretagne, Bourgogne, Bourbonnais) sont récupérées par mariage

Ce qu’il ressort de cette lecture trainarde, c’est tout d’abord qu’écrire un compte-rendu de lecture plusieurs mois après avoir entamé un livre, ça n’est pas facile parce qu’on se rend compte qu’on a quelque peu oublié ce que disaient les premiers chapitres… Néanmoins, il apparait que la fin du XVe siècle est une période de multiplication. Une fois la paix et l’ordre rétablis, une fois le choc de la peste passé, hommes et animaux se multiplient et bénéficient globalement de bonnes conditions de vie : les terroirs surpeuplés tombent désormais dans l’escarcelle de survivants bien moins nombreux pouvant concentrer leurs efforts sur les terres les plus fertiles, voire faire monter les salaires du fait de la rareté de la main d’œuvre. Le commerce se redynamise grâce à l’installation de nombreux financiers étrangers qui, s’ils serviront souvent de citron fiscal à presser aux souverains, n’en amèneront pas moins de nombreuses innovations qui profiteront aussi bien aux entrepreneurs qu’à l’administration royale. Tout n’est cependant pas idéal : les aléas climatiques continuent à frapper la paysannerie tandis que les grands propriétaires fonciers s’assurent que les prix ne baissent pas trop. Qui plus est l’économie est toujours fragmentée en divers échelons locaux et souffre d’instabilité chronique qui rend vulnérable l’artisanat. Et la hausse de population débouche fatalement sur de nouvelles tensions économiques et démographiques.

La période est celle qui aurait pu voir la naissance et la reconnaissance d’un quatrième État consistant en un influent corps d’officiers royaux ou locaux. Mais l’attrait puissant des valeurs et du mode de vie de la noblesse, couplé à l’absence de cohésion interne empêche ce groupe d’obtenir une reconnaissance. On retrouve pourtant souvent les mêmes personnes au service du roi, dans les Parlements ou dans les municipalités, avec bien entendu les conséquents revenus correspondants (malgré la lutte royale contre la fraude) car servir le roi c’est aussi étendre son propre pouvoir. Les villes sauront en profiter. La cour royale connait un essor important et est constamment imitée et concurrencée par les cours des grands du royaume. Les souverains sont encore accessibles, mais sont de plus en plus exaltés par l’image de majesté qu’ils projettent et qu’on leur projette dans l’espoir qu’ils s’y conforment. Si le roi ne dialogue pas avec ses sujets, ceux-ci ont toutefois la possibilité de lui faire parvenir leurs points de vue en recourant aux suppliques, et en retour la couronne communique sa vision au royaume par divers canaux de diffusion. Bien souvent, le pouvoir royal doit composer avec les nombreux corps constitués du pays et doit convaincre ceux-ci de la pertinence de son projet.

Enfin, la Renaissance est surtout une période fortement marquée par l’idée de réforme : il faut réformer l’État, mais aussi l’Église dont beaucoup critiquent le fonctionnement et les bases. La christianisation de la population étant à son maximum, de plus en plus de personnes réfléchissent au sens de la religion et comparent la réalité des pratiques et des croyances avec leurs réflexions. Il va sans dire que les remises en cause, parfois manipulées par les souverains quand il s’agit de tenir le pouvoir papal à distance, ne sont pas forcément bien accueillies et s’accompagnent d’un raidissement, mais aussi d’intenses débats internes, de l’Église. La naissance des premiers vrais courants réformés qui donneront le protestantisme laisse d’abord l’espoir qu’il est possible de trouver des terrains d’entente et de réconciliation, mais la conversion se nourrit aussi de l’opposition (par exemple entre une communauté de laïc et son monastère au sujet de la dîme). Quoi qu’il en soit, il s’installe une véritable cacophonie qui perturbe les fidèles ne sachant plus quelle autorité religieuse écouter. Le schisme naissant ne fait cependant pas disparaitre l’idéal de réforme chez les catholiques, mais la lutte contre les réformés devient vite l’objectif prioritaire. D’un point de vue culturel, la Renaissance voit l’émergence d’une érudition nouvelle stimulée par l’essor de l’imprimerie. La soif de réforme pousse en effet les savants à rechercher le savoir originel, et donc à redécouvrir le latin ancien, le grec et les textes fondateurs du christianisme afin de générer un homme nouveau. Afin de mieux se démarquer de leurs prédécesseurs, les hommes de la Renaissance rejettent les écrits du Moyen-Âge tout en conservant l’univers mental de cette période. D’abord influencés par l’Italie, les arts se développent pour faire apparaitre un style pleinement français reconnu en Europe.

Au menu de l’atelier de l’historien : la présentation des sources nouvelles apparues dans la période (registres paroissiaux, lettres de rémission, archéologie urbaine), l’historiographie de la période à travers des exemples (François Ier, Rabelais, l’exploration française en Amérique), puis les débats sur la nature de l’État, sur la réalité du nouvel homme voulu par les humanistes et enfin l’histoire des femmes.

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