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L’âge d’or capétien : 1180-1328 / Jean-Christophe Cassard 27/12/2012

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Continuons nos pérégrinations dans l’histoire de France avec le troisième tome de la série de chez Belin. L’âge d’or capétien : 1180-1328 de Jean-Christophe Cassard est sorti en 2011. Les seuls petits regrets sont la faiblesse de l’index (mais c’était aussi le cas pour les autres tomes) et l’absence dans ce volume d’un glossaire expliquant certains termes.

L'âge d'or capétien : 1180-1328 / Jean-Christophe Cassard

L’âge d’or capétien : 1180-1328 / Jean-Christophe Cassard

Nous reprenons dans ce volume avec l’avènement de Philippe Auguste, dont le règne marque la fin de la faiblesse des rois de France et le repli, temporaire pour certaines, des seigneuries les plus éminentes dans l’Ouest et le Sud. Par la guerre et par les alliances, les Capétiens repoussent les rois d’Angleterre possessionnés en Guyenne, ainsi que ceux d’Aragon installés de longue date en Provence et en Languedoc (terme qui naquit pendant cette période), sans compter les puissants comtes de Toulouse et les Trencavel, vicomtes de Béziers. Le Midi est une région bien abordée en raison de la croisade contre les hérésies qui la frappe. Cathares et Vaudoix, longtemps tolérés par les pouvoirs laïcs locaux sont éradiqués (terme bien fort pour un mouvement dont l’importance a été exagérée) aussi bien par les chevaliers venus du Nord du royaume que par la noblesse méridionale qui ressent mal l’intrusion étrangère mais finit par s’en accommoder grâce à l’attitude conciliante de Louis IX. Les Capétiens expriment une forte volonté d’indépendance, que ce soit vis-à-vis de l’Église ou des nobles (le roi est empereur en son royaume), et le montrent par leurs rituels et le faste de leur cour. La période leur est propice : les terroirs sont progressivement tous occupés et permettent un essor commercial et financier qui se manifeste dans les grandes foires et le développement de places « industrielles » comme la Flandre drapière. Cela ne dure pas car faute de défrichements ou de terres à conquérir, les campagnes ne peuvent plus absorber l’excédent de population qui vient engorger des villes guère mieux loties. L’agriculture ne peut pas non plus soutenir cet essor démographique, ce que seul un développement de l’élevage permettrait. La fin de la période est en effet secouée par une crise économique et sociale : afin d’assurer leur autorité, les rois ont recours à la guerre, laquelle ne peut être financée que par de nouveaux impôts, lesquels nécessitent de favoriser la circulation monétaire. Problème : la monnaie qui devrait circuler pour faciliter le commerce et le paiement des impôts est d’or ou d’argent. Mais s’il est facile d’augmenter la masse comptable, on ne peut augmenter la quantité de métal précieux en circulation (d’autant plus qu’une bonne partie est thésaurisée par l’Église sous la forme d’objets rituels). Les rois se financent dont dans un premier temps en diluant progressivement la teneur en métal précieux de leur monnaie, ce qui leur permet en outre de taxer toutes les transactions, donc toutes les couches de la société alors que nobles et clercs s’arrangeaient habituellement pour faire payer bourgeois et paysans à leur place. Le stratagème finit toutefois par provoquer une crise de confiance dans la monnaie royale, à une époque où les marchands italiens contournent la France (et ses taxes et intermédiaires) pour aller directement par bateau en Angleterre et en Flandre.

Enfin, l’Atelier de l’historien nous fait une fois de plus découvrir les réflexions des spécialistes de la période. Si on estime que la découverte de nouveaux documents est très improbable, il reste bien de la place à de nouvelles interrogations ou à de nouvelles réflexions sur des faits qu’on pensait traités jusqu’à plus soif. L’auteur l’illustre en prenant des exemples concrets (bataille de Bouvine, vie de Saint Louis) et en présentant des sujets fortement débattus comme l’Occitanie ou l’Inquisition. On apprend aussi beaucoup sur la question de la sainteté, centrale au Moyen-Âge. Enfin, on revient sur l’historiographie de la période et sur la façon dont cette période a été perçue par la suite.

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