jump to navigation

Féodalités : 888-1180 / Florian Mazel 01/11/2012

Posted by Rincevent in Histoire de France - Belin, Mes lectures.
Tags: , , , , , ,
trackback

Hem. Je fous vraiment rien en ce moment. Il m’a fallu un peu plus de trois mois pour finir le deuxième volume de la collection Histoire de France parue chez Belin. Je vais faire pénitence en attaquant le suivant le plus vite possible. Ce tome-ci, Féodalités : 888-1180 de Florian Mazel, est paru en 2010 et aussi agréable à lire que le précédent.

Féodalités : 888-1180 / Florian Mazel

Féodalités : 888-1180 / Florian Mazel

Encore une fois je me suis émerveillé devant la très riche iconographie de cette collection. Dans ce volume, nous découvrons les trois siècles couvrant les dernières décennies de la dynastie carolingienne et les débuts de leurs rivaux puis successeurs Capétiens. C’est une période dont l’approche universitaire a été beaucoup révisée depuis les trente dernières années, et ce titre n’hésite pas à nous expliquer le pourquoi du comment. Beaucoup de choses très très intéressantes, comme le fait de voir émerger les mottes puis les châteaux à la faveur de l’affaiblissement temporaire du pouvoir royal, d’abord au profit de grands princes, puis au profit de seigneurs locaux de moindre envergure jusqu’à aboutir aux petites places fortes de chevaliers. Le contraste architectural se marque plus avec la période précédente, les palais carolingiens cédant la place à des châteaux se dotant rapidement de tours voire de donjons. C’est aussi une période de grand dynamisme rural, à la fois provoqué et soutenu par le renforcement de l’assise territoriale de la noblesse : les dépenses guerrières et somptuaires de celle-ci augmentant sans cesse, les seigneurs durent raffermir leur contrôle sur leurs fiefs et en tirer le meilleur parti en mettant en vente les surplus agricoles, qui alimentent dès lors les marchés urbains en pleine expansion. Car, roulement de tambour, c’est aussi à ce moment que l’habitat rural se réorganise autour de lieux de culte accompagnés ou non de sites castraux.

J’ai aussi enfin pu comprendre en quoi consistait la réforme grégorienne (oui bon, j’aurais pu chercher, mais crotte) qui vient compléter et formaliser un mouvement de réforme monastique antérieur : désormais, l’Église cherche à mettre de la distance avec le monde profane tout en l’encadrant mieux, ce qui ne va pas sans heurts avec la noblesse qui doit céder dîmes et seigneuries de plus ou moins bonne grâce. C’est à ce moment que le mariage est devenu un sacrement. Le mouvement suscite bien entendu des résistances au sein du clergé et de la société, ce qui débouche sur les premières accusation d’hérésies. Hérésies d’autant plus difficiles à éclairer qu’elles ne sont connues que par leurs accusateurs. La société se complexifie et se spécialise : le commerce reste d’horizon limité mais se dynamise grâce aux foires organisées par l’aristocratie, les seigneuries commencent à changer de nature pour devenir plus territoriales et non plus les holdings nobiliaires qu’elles étaient jusque-là. De cette territorialisation naissent les ancêtres des noms de famille : on commence à porter le nom de son château pour marquer son origine sociale autant que géographique. Enfin, la suite des grands devient progressivement une cour où l’on apprend à se cultiver un peu.

La dernière section, l’atelier de l’historien, nous présente les discussions importantes concernant cette période : débat historiographique sur ce qui était conçu jusqu’il y a peu comme un moment de mutation soudain ; relations et enjeux de l’histoire vis-à-vis de l’archéologie dont la technicité croissante peut poser des problèmes aux historiens ; influence et limites de l’anthropologie sur la manière de penser la société médiévale ; et enfin la pertinence de la distinction entre art roman et art gothique.

Publicités

Commentaires»

1. Une poule sur un mur - 01/12/2013

A mon humble avis, ce volume surpasse les autres, on finit par comprendre des âges présentés comme obscurs, bravo pour votre sens de la synthèse, il est très difficile d’en résumer les grandes lignes en moins de 1000 mots. Merci pour vos billets de lecture

2. Rincevent - 01/12/2013

Merci à vous de prendre le temps de me lire. Je ne sais jamais, quand je rédige un billet, si je le fais trop long ou trop court. Celui-ci me semblait trop peu développé par rapport à d’autres plus récents, mais je suis content que vous y trouviez votre compte.


Vous avez quelque chose à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :