jump to navigation

La France avant la France : 481-888 / Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux 25/07/2012

Posted by Rincevent in Mes lectures.
Tags: , , , , , ,
trackback

Je l’avoue humblement, je me suis toujours considéré comme pas très bon en histoire de France. Je me suis donc décidé d’y remédier et ai donc commencé par les débuts avec La France avant la France : 481-888 de Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux, publié chez Belin en 2010.

La France avant la France : 481-888 / Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux

La France avant la France : 481-888 / Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux

Avant toute chose, présentons la collection Histoire de France. Dirigée par Joël Cornette, elle a pour ambition de couvrir toute l’histoire du pays. Celà faisait déjà un bon moment que je voyais ces gros tomes en librairie, sans les avoir vraiment feuilletés parce que je me disais qu’ils ne sortiraient jamais et que ce n’était donc pas la peine de les prendre pour le boulot. J’avoue que leurs couvertures me semblaient un peu trop criardes, aussi n’ai-je pas cherché plus loin. Grave erreur ! Cet ouvrage traite de la première période chronologique sur les treize qui constituent la collection. Aussi me le suis-je acheté, ainsi que celui qui le suit immédiatement, par curiosité.

C’était passionnant ! Ce tome nous ramène à la toute fin de la Gaule romaine et nous présente comment celle-ci s’est transformée progressivement sous l’effet des migrations barbares et sous l’action des deux premières dynasties. Il est d’ailleurs très étonnant de se rendre compte à quel point les Mérovingiens, dont le dernier fut déposé en 751 et n’était qu’une potiche, et Carolingiens ont été des dynasties courtes par rapport à leurs successeurs capétiens qui régnèrent quand même jusqu’au XIXe siècle. Ce livre nous explique tout de façon très simple et très vivantes grâce à une très, très riche iconographie. D’abondantes cartes permettent de suivre les évolutions de ce qui deviendra un jour la France, et des reproductions de sources écrites nous permettent de nous plonger dans la vision des acteurs de l’époque. Et si on se perd dans les prénoms récurrents, il y a aussi un tas de généalogies pour nous faciliter la vie. Force est de constater que la coutume franque de partage équitable des héritages a donné pendant des siècles de très mauvais résultats. On a franchement l’impression que les descendants de Clovis n’ont fait que s’entretuer pour récupérer les terres du frangin / tonton. Étrangement, cette coutume qui aurait pu morceler à l’extrême la Gaule, n’a pas eu cet effet. La guerre, la maladie ou un placement en couvent (finalement bien pratique pour résoudre les disputes familiales) ont en effet souvent réduit le nombre d’héritiers d’un souverain pour résulter le plus souvent en une opposition entre Neustrie (bassin parisien, Belgique, Chnord) et Austrasie (ouest de l’Allemagne, Alsace). On voit aussi que lesdits souverains n’ont pas souvent eu les coudées franches avec leurs propres hommes et devaient composer… ou frapper suffisamment fort. Il est aussi frappant de voir à quel point les dirigeants du Nord ont eu du mal à s’imposer aux terres du Sud, notamment l’Aquitaine et la Provence. Il ne faut pourtant pas y voir la préfiguration de sentiments nationaux ou locaux, mais seulement la défense des intérêts nobiliaires et ecclésiastiques qui primait sur toute autre considération. Au sujet des ecclésiastiques, il est rigolo de voir à quel vitesse le droit d’utiliser les terres fiscales du roi s’est transformé à leurs yeux en pleine propriété dont on défendait l’inaliénabilité à corps et à cris. De même, il est très intéressant de voir comment la masse des hommes autrefois libres, petits propriétaires, s’est transformée avec le temps en dépendants d’un seigneur laïc ou ecclésiastique, soit en s’en remettant volontairement à eux pour gagner leur protection et éviter le service militaire, soit en y étant réduits par ce même service qui les fragilisait en les empêchant de cultiver leurs terres. Comme le disent les auteurs, le statut libre des hommes, de nature juridique au départ, a fini par ne dépendre que de la survie de leur patrimoine foncier. Sans lui, une famille libre devenait dépendante en deux ou trois générations.

Il faut enfin souligner l’intérêt de la dernière section de l’ouvrage intitulée l’atelier de l’historien, et qui nous fait découvrir le métier et les questionnement de ceux qui étudient cette période sous divers points de vue. Nous découvrons donc tout d’abord le problème des sources de l’époque ; l’historiographie et ses vicissitudes dynastiques, religieuses et nationalistes ; la place des femmes dans cette histoire très masculine ; et enfin le rôle de l’image dans la société franque et les rapports que les contemporains entretenaient avec elle.

Advertisements

Commentaires»

1. Lindly - 01/08/2012

Très intéressant et bien écrit ! Bon courage et bonne lecture pour nous délivrer la suite de cette belle (et complète) collection !

Rincevent - 01/08/2012

Merci pour votre commentaire. Je me suis plongé dans le tome suivant, et il promet d’être tout aussi intéressant.


Vous avez quelque chose à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :