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Une histoire de Jérusalem (1850-1967) / Catherine Nicault 22/12/2011

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Changeons encore une fois d’horizons pour rejoindre ceux du Levant, et plus particulièrement ceux d’un petit village qui résiste encore et toujours à l’athéisme. Une histoire de Jérusalem (1850-1967) de Catherine Nicault est paru en 2008 aux éditions du CNRS. Un défi pour moi qui ai si peu d’atomes crochus avec la religion.

Une histoire de Jérusalem (1850-1967) / Catherine Nicault

Une histoire de Jérusalem (1850-1967) / Catherine Nicault

Les dates limites que l’auteur a retenu sont de sont aveu même, assez arbitraires. 1850 parce qu’elle ne se considérait pas assez compétente pour les périodes plus lointaines, et 1967 parce que les treize années qui ont suivi la déclaration d’indépendance sont semble-t-il passablement peu documentées. Mme Nicault nous dresse un portrait intéressant de la ville trois fois sainte. Au XIXe siècle, Jérusalem n’est qu’une petite bourgade endormie de l’empire ottoman de 15 000 habitants, dont le statut de ville trois fois sainte est quelque peu émoussé : elle n’occupe que la troisième place pour les Musulmans ; les catholiques n’y viennent plus depuis les croisades même si la fin de la piraterie en Méditerranée et le renouveau chrétien post-révolutionnaire leur permet de s’y précipiter dans l’espoir d’y voir une ville plus fantasmée que réelle, alors que les orthodoxes et autres églises orientales y sont bien ancrées et que les protestants ne s’y intéressent que tardivement ; les juifs y font leur pèlerinage et certains commencent à s’y installer définitivement, profitant de la tolérance ottomane et des subsides versés par leurs communautés d’origine. La ville est soumise à une administration indirecte, l’empire délégant la collecte des impôts à l’aristocratie arabe de la ville. Celle-ci, dont le pouvoir repose sur ses propriétés agricoles voisines, domine les minorités chrétiennes et juives. Les diverses communautés tiennent tant bien que mal dans l’espace réduit de la vieille ville qui se protège encore des menaces extérieures par les murailles que Soliman avait fait dressé. La ville est en effet parfois attaquée par les tribus bédouines ou par des bandes de brigands, et se protège en fermant les quatre portes encore en fonction (une dizaine au total, mais presque toutes sont condamnées). Au sein de la ville, ce sont les chrétiens orthodoxes et arméniens et les juifs séfarades qui dominent les communautés respectives et vivent globalement en bonne entente avec l’élite musulmane malgré leur statut légal inférieur. Les catholiques ne peuvent que constater que leurs rivaux ne leurs laissent peu ou pas de place en ville. Chez les juifs, c’est le même phénomène car les askénazes qui viennent progressivement s’installer refusent de se plier à l’autorité du grand rabbin séfarade. Jérusalem commence à avoir une importance politique considérable avec le déclin de l’empire ottoman, qui attise les convoitises occidentales. Ainsi, la Russie se sert d’un banal conflit entre desservants catholiques et orthodoxes à Bethleem pour exiger d’Istanbul, entre autres choses, la protection de tous les chrétiens. Hors la France est déjà protectrice des catholiques depuis la signature des Capitulations. Cette affaire provoque la guerre de Crimée, perdue par la Russie, mais accélère aussi un mouvement d’occupation diplomatique du terrain : depuis les années 1830, Jérusalem se couvre de consulats européens chargés de défendre les intérêts de leurs ressortissants et protégés, dont le nombre augmente en conséquence (traducteurs et assistants divers rejoignant les communautés chrétiennes que se disputent les puissances). Par contrecoup, l’empire ottoman se voit obligé de suivre le mouvement et nomme des fonctionnaires de haut rang tout en modifiant et renforçant la trame administrative lâche qui prévalait. Jérusalem finit par constituer un district spécial ne relevant que d’Istanbul. L’irruption des Européens a diverses conséquences sur la ville : tout d’abord une extraordinaire flambée immobilière qui les oblige à acheter (via des prête-noms, chrétiens et juifs ne pouvant être propriétaires fonciers) à l’extérieur des murailles, puis une compétition internationale qui fait pousser comme des champignons les établissements de prestige, qu’ils soient à usage religieux, diplomatique, ou civil (chaque pays tente de faire bâtir un village pour héberger ses ressortissants). Cela ne va pas sans problème, notamment en raison de l’alimentation en eau qui ne suit qu’avec de grandes difficultés, quand elle suit. Il n’empêche que Jérusalem atteint ainsi les 80 000 habitants avant la Première Guerre mondiale. La mortalité y est pourtant effarante malgré les nombreux établissements médicaux ouverts à tous, ce qui n’empêche pas les juifs de devenir dominants dès le milieu du siècle. Les autorités y sont d’autant plus hostiles que les nouveaux venus refusent d’abandonner leurs citoyennetés d’origine pour ne pas payer d’impôts et ne pas être soumis à la conscription. La communauté se fractionne en sous-ensembles ethno-religieux, les kolelim, toujours plus nombreux, parfois définis par la ville d’origine ! Ces groupes n’obéissent à aucune autorité supérieure et se livrent parfois des guerres larvées. Les juifs sont aussi ceux qui mettent le plus de temps à s’installer hors les murs, les plus conservateurs refusant de quitter le vieux quartier communautaire. Pourtant neuf quartiers juifs extramuros existent déjà. L’aristocratie musulmane suit le mouvement, bénéficiant déjà de ses domaines agricoles voisins et se construisant des quartiers huppés.

Plan de la vieille ville © Encyclopædia Britannica (Boston University)

Plan de la vieille ville © Encyclopædia Britannica (Boston University)

Pour accompagner cet essor démographique, Jérusalem est contrainte de s’adapter quelque peu : plusieurs portes sont rouvertes (ou créée pour l’une d’entre elle), le réseau d’alimentation en eau connait quelques tentatives de remise en état, on restaure les grands bâtiments, on créée un corps de pompiers ou des transports en commun. La ville reste malgré tout désespérément dense, sale et sujette aux épidémies au point que les Occidentaux sont les premiers à encourager les mesures sanitaires comme l’éloignement d’un abattoir laissant ses carcasses à proximité des habitations. De même, le statut officieux de capitale régionale se traduit par la transformation de certains consulats en consulats-généraux (dépendant directement de leur ministère des affaires étrangères, et non de l’ambassade en titre) et par une expansion de l’aristocratie arabe qui profite de l’amélioration des communications et de l’administration ottomane pour étendre son influence dans le terroir voisin tout en se faisant auxiliaire du pouvoir, en y gagnant une précieuse expérience. La ville est par exemple dotée d’une municipalité en 1866 qui s’efforce de redonner un peu de lustre à la ville et fait par exemple installer une horloge sur les murailles de la ville. Les routes sont progressivement améliorée et une petite voie de chemin de fer relie Jérusalem à son port Jaffa, stimulant ainsi le tourisme. Économiquement, la ville est un nain qui ne vit que de la présence des consulats, de l’activité religieuse ou touristique et de l’artisanat qui l’alimente. Cette fragilité provoque de nombreuses banqueroutes, et les établissements financiers sont peu nombreux en raison de la faiblesse du marché local. La situation culturelle est un peu meilleure : à coté des innombrables écoles confessionnelles (par exemple les ashkénazes ne fréquentent pas les écoles sionistes hébraïsantes ni les écoles séfarades et réciproquement, les uns et les autres rejetant les écoles financées par les communautés juives étrangères de langues occidentales), quelques écoles d’élite réussissent à s’installer, et plusieurs petits musées et bibliothèques existent, tout comme une activité de presse embryonnaire.

La Première Guerre mondiale vient interrompre tout ceci. Dès le début de la guerre, les ressortissants des pays alliés sont expulsés, en premier lieu les très nombreux askénazes d’origine russe ou polonaise. L’activité économique de la ville s’effondre en conséquence, le seul pays à maintenir un consulat en 1917 en dehors des puissances centrales étant l’Espagne qui se retrouve à gérer les intérêts de tous les autres. La Grande-Bretagne entre en Palestine en 1917 pour diverses raisons : pour éloigner les Turcs du canal de Suez, pour continuer sur la lancée de la révolte arabe initiée par le colonel Lawrence, bref pour pousser la Turquie à la défaite. Dès le début, les autorités politiques britanniques adoptent une attitude ambivalente sur l’avenir de la région : certes elles ont publié la déclaration Balfour appelant la création d’un foyer national juif en Palestine (mais ne devant pas nuire aux droits civils et religieux des communautés locales), certes l’élite de l’empire vibre à la mémoire des croisades et d’une terre sainte fantasmée, mais les services de propagande font très attention de ne pas donner aux populations musulmanes de l’empire l’impression qu’il s’agit d’une guerre sainte contre l’islam. On préfère mettre en avant l’idéologie impériale qui respecte toutes les religions. C’est qu’il ne faudrait pas que les musulmans des troupes indiennes se révoltent. Qui plus est, la troupe britannique se montre peu ou pas intéressée par le lyrisme chrétien. En face, les troupes turques ont l’ordre de ne pas défendre Jérusalem tant la ville n’offre aucun intérêt stratégique et surtout car les Allemands ne veulent pas être jugés responsables si la ville sainte venait à être détruite. Détail surprenant, on apprend que le sinistre Rudolf Höss, futur patron des camps de la mort, fut stationné en ville à cette période. La prise de la ville revêt pourtant une grande importance symbolique, notamment car il ne faudrait que la France laïque puisse l’administrer (Paris a lourdement insisté pour adjoindre un détachement symbolique, tout comme Rome qui entend ne pas se laisser distancer). En octobre-novembre 1917, l’armée britannique et l’armée arabe remontent donc vers Jérusalem le plus vite possible pour ne pas laisser le temps à leurs adversaires de se réorganiser, voire même tenter de les encercler. Cette manœuvre échoue, les Turcs décampant à temps, et le général Allenby se retrouve avec une ville à disposition, qu’il investit le 11 décembre après que les notables sont venus lui offrir les clés de la ville. Le vainqueur prend particulièrement soin d’éviter tout ce qui pourrait rappeler les croisades mais ne se prive pas de montrer aux habitants toute la puissance militaire de l’empire. Allenby ne s’attarde pas sur place et reprend aussitôt la direction de son campement militaire. La ville s’accommode très bien de ce changement de pouvoir tant les Turcs étaient devenus de plus en plus obsédés par la peur que l’une ou l’autre des communautés n’espionne pour le compte de l’ennemi. Allenby ayant fait proclamer en plusieurs langues qu’il maintient les droits préexistants, c’est le soulagement qui prévaut.

Jérusalem dans les années 1850 © Martin Gilbert (Boston University) Jérusalem dans les années 1860 © Martin Gilbert (Boston University) Jérusalem dans les années 1880 © Martin Gilbert (Boston University)

Expansion de Jérusalem (1850-1890) © Martin Gilbert (Boston University)

Les territoires occupés sont administrés par la Grande-Bretagne qui se défend de vouloir se les accaparer après-guerre. Paris et Rome ne sont pourtant pas dupes comme en témoigne la présence de François Georges-Picot, haut-commissaire français décidé à défendre coûte que coûte les intérêts de son pays. France et Italie en seront pourtant réduits à se battre pour préserver les dernières miettes de privilèges. Avant même la fin de la guerre, la ville est confiée à Ronald Storrs, nouveau gouverneur militaire. Storrs adopte une attitude neutre et s’installe dans les bâtiments austro-allemands. Il s’efforce tout d’abord de ravitailler la ville en faisant réparer ou élargir les voies de communications, tente de remettre en route les services publics, d’introduire un minimum d’hygiène en ville. Il adopte aussi un parti-pris orientalisant et antiquisant selon lequel les bâtiments ne doivent pas dépareiller : interdiction est faite de détruire, construire ou rénover quelque bâtiment que ce soit sans l’accord de son administration. Décision d’autant plus difficile que les Turcs sont partis en emmenant le cadastre avec eux. Storrs fait quand même réparer les bâtiments historiques, les seuls ayant de la valeur à ses yeux, non sans commettre quelques bourdes : il fait ainsi démanteler l’horloge d’Abdul Hamid qui faisait la fierté des habitants parce qu’elle ne faisait pas assez authentique. Mais ses ambitions sont vite limitées par un problème crucial : Londres ne financera que l’administration nécessaire au maintien de l’ordre. Tous les investissements devront être financés par l’économie locale, ce qui n’est pas un mince problème. Les années 1920 sont une période de bonne entente et de cohabitation facile entre les communautés et l’administration britannique, en bonne partie parce ces derniers minimisent les perspectives du foyer national juif censé selon eux mettre la communauté sur un pied d’égalité avec ses voisins. Pourtant, les sionistes (par ailleurs peu intéressés par cette ville ultra-orthodoxe en raison de leur laïcisme) peuvent désormais compter sur des institutions solides et reconnues par les Britanniques, et jouissant qui plus est d’un avantage certain en ayant la possibilité de collecter des impôts. Pourtant, les relations avec la puissance coloniale se tendent inexorablement en raison de l’incompréhension qui est née au sujet de l’avenir du pays puisque les sionistes entendent bien se rapprocher de plus en plus de l’indépendance et prennent tout refus pour une manifestation d’antisémitisme. De leur coté les musulmans marquent leur distance quand ils voient que le royaume arabe qu’ils appellent de leur vœu ne naîtra pas et que l’influence sioniste s’étend de plus en plus. Pour tenter de créer un esprit national commun aux deux parties, Londres avait nommé Herbert Samuel haut-commissaire. Juif et sioniste, Samuel est avant tout un fonctionnaire britannique qui s’efforce de ménager la chèvre et le chou. Si les institutions juives fonctionnent très bien et sont encouragées, les institutions musulmanes demeurent monopolisées par l’aristocratie qui n’a aucune envie de voir ses ouailles goûter à la démocratie. Samuel agace vite les deux camps qui l’accusent de partialité mais le supportent tant bien que mal tout en se renforçant discrètement. Jérusalem n’a alors pas retrouvé sa population d’avant-guerre : les juifs qui l’ont quitté ne sont pas tous revenus, et ceux qui arrivent dans le pays malgré les limitations s’installent plutôt à Tel-Aviv, ce qui permet aux chrétiens et musulmans arabes de combler un peu l’écart. Pendant ces années, Jérusalem connait un boom de la construction : les nouveaux quartiers fleurissent, de nouvelles artères sont tracées, on commence à électrifier, on soigne l’allure générale de la ville.

Jérusalem dans les années 1890 © Martin Gilbert (Boston University) Jérusalem avant la Première Guerre mondiale © Martin Gilbert (Boston University) Jérusalem entre 1922 et 1948 © Martin Gilbert (Boston University)

Expansion de Jérusalem (1890-1948) © Martin Gilbert (Boston University)

À partir de 1928, les relations intercommunautaires se tendent inexorablement. Cette année là, un conflit oppose musulmans et juifs au sujet d’un rideau séparant hommes et femmes devant le mur des lamentations, ce qui viole le statu quo en vigueur. Malgré l’intervention rapide des Britanniques et les appels au calme de personnalités des deux bords, la tension monte et débouche sur une vague d’émeutes qui fait plus de 200 morts. Les conclusions de la commission d’enquête ne satisfont personne : les musulmans parce qu’on reconnait aux juifs un droit d’accès au mur, les juifs parce qu’ils ont connu des arrestations. Le grand mufti de Jérusalem ne cesse alors d’attiser les cendres dans l’espoir de prendre la tête d’une Palestine arabe. Désormais, les deux camps s’évitent. L’afflux brutal de juifs allemands ou polonais au début des années 1930 ne fait qu’envenimer la situation. De nouvelles grèves et émeutes sanglantes secouent le pays, poussant les Britanniques à proposer un plan de paix divisant la Palestine en deux États. Refus absolu des Arabes, le grand mufti s’exilant au Liban et prenant contact avec les régimes fascistes. La violence et l’agitation persiste jusqu’en 1939, la guerre ramenant paradoxalement le calme. Les juifs réclament ardemment de pouvoir combattre aux cotés des alliés, les Arabes restent dans l’expectative. Dès la fin de la guerre, la violence reprend, encore plus intense qu’avant. Les juifs ne tolèrent pas les limitations de l’immigration après la découverte de la shoah, les musulmans sont furieux de ce qu’ils estiment être un abandon de la part de la Grande-Bretagne. Dès lors les deux camps vont commencer à utiliser le terrorisme contre l’autre, et surtout contre l’occupant. Comprenant qu’ils ne peuvent de toute façon plus rien arrêter, les Britanniques évacuent la Palestine dans l’espoir que l’ONU saura y mettre bon terme. Le jour même où les derniers soldats quittent la ville commence la guerre civile. La ville connait d’intenses combats et de nombreuses atrocités de chaque coté, les quartiers mixtes ou isolés étant progressivement évacués. Les tractations entre Israël et le roi de Jordanie permettent d’établir un certain nombre de points sur lequel les belligérants peuvent s’entendre : les Jordaniens n’ont aucune envie de voir une Palestine arabe indépendante qui les couperaient de terres plus riches et d’un accès à la mer, Israël saurait s’accommoder de la perte de Jérusalem est, les deux pays refusent d’internationaliser le conflit de peur que toute la ville leur échappe. Un accord est passé et la carte, imprécise voire raturée, entérine la séparation de facto entre les deux pays jusqu’en 1967. Si la Jordanie participe à la première guerre israélo-arabe, elle cesse le combat dès qu’elle s’est assuré le contrôle de la Cisjordanie. Jérusalem est alors coupée en deux par un no man’s land qui est d’ailleurs l’objet de désaccords et d’accidents, mais que personne ne remet en cause. Les deux anciens ennemis se sont entendus pour imposer la situation à la communauté internationale et plus particulièrement à leurs voisins. L’ONU a beau préparer la neutralisation de Jérusalem, les jeux sont faits, quoi qu’en pensent les pays étrangers qui refusent d’installer leurs ambassades à Jérusalem et maintiennent même les anciens consulats. Coté jordanien, on cherche à assimiler les Palestiniens et à éliminer toute trace des juifs dont le vieux quartier est rasé, dont les cimetières sont vandalisés et à qui l’accès au mur des lamentations est interdit. Le roi Abdallah ne semble pas porter particulièrement la ville dans son cœur, et la réciproque est vraie tant les nationalistes palestiniens lui en veulent d’avoir agrandi son royaume à leurs dépends. Certains collaboreront en pensant qu’il ne s’agit que d’un épisode qui prendra bientôt fin, d’autres refuseront tout net. La Jordanie s’efforce d’entraver le développement économique et politique de Jérusalem afin que ses élites viennent plutôt s’installer dans sa capitale Amman : à tous les égards, Jérusalem-Est est une ville de pays pauvre quand sa partie ouest vit infiniment mieux alors qu’elle n’est même pas la ville israélienne la plus riche. Pour les habitants, l’intermède 1948-1967 est presque un retour à la torpeur ottomane : Jérusalem est un petit patelin médiéval isolé d’où les juifs sont absents. De l’autre coté de la frontière, Israël construit rapidement et de plus en plus à l’ouest pour pouvoir absorber l’immigration. Le centre finit par devenir une périphérie désertée et délabrée, et la cohabitation entre orthodoxes et laïcs devient de plus tendue. De plus, Jérusalem dépend économiquement presque exclusivement du secteur public. Le 5 juin 1967, la Jordanie rompt le statu quo en attaquant Israël, ce qui permet à son adversaire de prendre le contrôle de toute la ville alors que tous ses dirigeants pensaient qu’il ne vaudrait mieux pas garder ce territoire.

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