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Monastères-forteresses de l’Himalaya : Tibet, Ladakh, Népal et Bhoutan / Peter Harrison 06/06/2011

Posted by Rincevent in Le Tibet, Mes lectures.
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J’aime bien faire de la veille sur Amazon, je trouve toujours des trucs super. En farfouillant un peu je suis tombé sur Fortress Monasteries of the Himalayas: Tibet, Ladakh, Nepal and Bhutan de Peter Harrison et tout juste publié chez Osprey Publishing en tant que numéro 104 de la série Fortress. Cette maison d’édition est spécialisée depuis les années 1970 dans l’histoire militaire du monde, et a commencé avec la revue Men at arms qui est dédiée aux uniformes et matériels de toutes les époques. Ça vaut le coup de fureter sur leur site car il fourmille de trucs intéressants.

Fortress Monasteries of the Himalayas: Tibet, Ladakh, Nepal and Bhutan / Peter Harrison

Fortress Monasteries of the Himalayas: Tibet, Ladakh, Nepal and Bhutan / Peter Harrison

Ce petit livre, illustré de photos, de cartes et de vues d’artistes, nous présente donc le système d’architecture militaire du monde culturel tibétain. Comme l’explique l’auteur, il est difficile de reconstituer l’histoire exacte des bâtiments car, en vertu du principe du principe bouddhiste d’impermanence, ceux-ci ont continuellement été reconstruits après chaque détérioration. Il est donc quasiment impossible de dater avec certitudes tel ou tel élément architectural, car les monuments tibétains ont été modifiés et / ou agrandis au fil du temps. L’astrologie et la divination ont souvent fourni les lieux et dates de fondation aux constructeurs. Les sources écrites et ce qu’on peut observer montrent que les bâtiments ont peu changé depuis les XVe-XVIIe siècles, période d’intense guerre civile où diverses tribus mongoles se sont par ailleurs invitées dans la région et la dévastèrent. Une autre difficulté est que les architectes, anonymes, étaient des artisans qui se transmettaient leur savoir de façon orale et qui n’ont donc pas laissé de plan. Généralement carrés ou rectangulaires (ou suivant le relief lorsqu’ils sont bâtis en hauteur), les bâtiments sont souvent entourés de murailles inclinées vers l’intérieur pour mieux résister aux tremblements de terre. Les fondations étaient particulièrement solides et consistaient en pierres taillées liées par un mortier de paille et de boue. Les étages étaient faits de murs de briques de boue, et les éléments de charpenterie pouvaient venir de loin si la région était peu boisée. Enfin, les toits étaient plats sauf au Bhoutan qui reçoit beaucoup plus de précipitations que son voisin septentrional. Les premiers niveaux n’ont pas de fenêtres, celles-ci étant d’abord réduites à de simples meurtrières dans les niveaux intermédiaires, avant de s’élargir progressivement pour s’agrémenter de balcons aux derniers étages. Les ouvertures s’ouvrent plutôt vers le sud pour profiter au maximum du soleil. De par leur nature militaire, les dzongs étaient construits sur des éminences rocheuses, voire sur les flancs de montagne afin de bénéficier d’une vision de longue distance. Les villes étaient rarement murées même si de petits villages pouvaient exister à l’intérieur des murailles de forteresses, et les monastères en avaient souvent (beaucoup préférèrent quitter le Tibet central et la domination des Gelukpa pour s’installer des les marches sino-tibétaines). Le dernier siècle a vu la grande majorité de ces fortifications disparaitre : détruites au Tibet par l’armée chinoise lors d’insurrection ou lors de la révolution culturelle, non entretenues dans les autres pays en raison de leur inutilité. Il n’existe donc désormais plus beaucoup d’exemples d’architecture militaire à observer.

Les dzongs / forteresses évoquées dans le livre.

On retrouve des caractéristiques particulières suivant les régions.

– Le Tibet central a toujours eu des fortifications laïques, les plus anciennes remontant à l’empire, et les plus récentes appartenant à l’aristocratie, ce qui n’empêcha pas de nombreux monastères de s’en doter (les plus gros ne sont pas forcément les mieux défendus). Néanmoins, la plupart des monastères de cette zone étaient distincts des forteresses, bien que partageant parfois une même muraille. C’est un reflet de l’administration traditionnelle qui voyait chaque fonctionnaire laïc flanqué d’un moine fonctionnaire de rang identique ou supérieur. Les dzongs sont avant tout des relais de pouvoir qui permettent de manifester la puissance de leur propriétaire tout en servant d’abri à la population de leur domaine. Ces forteresses tibétaines servaient de greniers et bénéficiaient toujours d’une source d’eau (parfois rejointe grâce à une allée fortifiée) dans une région au climat difficile, ce qui a rendu les sièges très coûteux et difficiles à organiser à part la Chine ou les Mongols qui étaient les seuls à avoir suffisamment de ressources pour en maintenir. Les Tibétains se caractérisent aussi par leur manière de combattre puisqu’ils privilégient le combat à distance via les mousquets, arcs et flèches et les quelques rares pièces d’artillerie qu’ils possèdent. Cela leur sera fatal quand il devront faire face aux Gurkhas venus du Népal qui, eux, privilégient le contact direct. Bien souvent, les monastères servirent de caravansérails dans les régions peu habitées. Au Tibet oriental, le morcellement politique et les conflits presque permanents qui opposent les principautés et les monastères entre eux ont poussé les monastères à s’installer plutôt dans les hauteurs.

– C’est aussi le choix qu’ont fait les habitants du Ladakh après avoir subi plusieurs invasions musulmanes venues d’Inde ou de l’actuel Pakistan au XVe siècle, alors qu’au départ les monastères étaient installés en plaine. Mais leur richesse en faisant des cibles privilégiées, les Ladakhis les déplacèrent au sein des forteresses situées, elles, à l’abri en hauteur. Le Ladakh avait en outre développé un réseau de dzongs dans les régions les plus peuplées afin de protéger la population, ce qui témoigne de l’opulence du pays qui a servi de tout temps de relai commercial entre l’Inde, l’Asie centrale et le Tibet. Les dépendances du Ladakh, le Zangskar, le Lahül et le Spiti étant encore plus difficiles d’accès, on y trouve beaucoup moins de fortifications.

– Le Mustang, royaume vassal du Népal, était peu peuplé, mais eut une riche histoire militaire. Lui aussi était un point de passage entre le Tibet et l’Inde. Les échanges commerciaux attirant l’appétit de beaucoup, il dut protéger ses monastères et sa capitale par des murailles et des forts.

– Le Bhoutan est le seul pays de culture tibétaine qui a su préserver son indépendance, par conséquent ses dzongs ont survécu au XXe siècle sans grands changements. Ce sont d’ailleurs les seuls qui continuent à assurer une fonction administrative officielle et qu’on a continué à construire (bien que les dzongs récents n’aient pas de fortifications). Les dzongs bhoutanais ont dès le départ été pensés comme une fusion du pouvoir civil et religieux en raison de l’unification du pays par le Ier Shabdrung, Ngawang Namgyel. Celui-ci était un lama de la sous-école Drukpa-Kagyü qui dut fuir le Tibet à cause de sa renommée et parce qu’on lui disputait son titre. Il s’installa au Bhoutan et en fit un royaume dont il créa et développa l’administration. Les forteresses qu’il fit construire étaient confiées à des gouverneurs qui assurèrent la cohésion de l’ensemble. Si les réincarnations du Shabdrung ne purent gouverner, l’indépendance du pays était acquise malgré les tentatives tibétaines et mongoles de le placer sous leur influence. Les dzongs bhoutanais ont la particularité de ne pas avoir de toit plein puisqu’une allée découverte qui permet de surveiller les passages de voyageurs les traverse de part en part. De même, les parties laïques et monastiques sont séparées par une tour centrale qui pouvait éventuellement servir de zone de repli au cas où un ennemi réussisse à prendre la forteresse. Un mini fortin, le ta, complétait la défense du dzong en étant placé plus en hauteur que lui.

Commentaires»

1. HAFSA - 30/01/2012

j’aimerais bien visité ce coin du monde bien que je suis musulmane je trouve impressionnant et puis spirituel ce dzong entouré de paysages éblouissants me rappelle la valeur d’être seul avec dieu lui remercié pour toute ces grâces sur nous les créatures . merci dieu pour l’ISLAM al hamdou lilah


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