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Histoire de la Bulgarie : au pays des roses / Georges Castellan, Marie Vrinat-Nikolov 06/12/2010

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Je continue mon petit tour d’histoire des pays pas très connus en m’attaquant maintenant à la Bulgarie. Histoire de la Bulgarie : au pays des roses de Georges Castellan et Marie Vrinat-Nikolov est paru en 2007 aux éditions Armeline.

Histoire de la Bulgarie : au pays des roses / Georges Castellan, Marie Vrinat-Nikolov

Histoire de la Bulgarie : au pays des roses / Georges Castellan, Marie Vrinat-Nikolov

Avant toute chose, signalons que ce livre traite aussi de l’histoire de la littérature bulgare puisque quatre chapitres sur seize sont consacrés à ce sujet. Pour être franc, j’ai plutôt eu tendance à survoler voire zapper ces passages, ce qui a réduit d’autant le temps de lecture du livre. Plusieurs passages m’ont néanmoins intéressés parce qu’ils avaient plus un caractère d’histoire culturelle : apparition de l’écriture et de la culture dans le pays, pesanteur et conséquences du « réalisme socialiste » imposé par le parti communiste.

Les migrations des Proto-bulgares - Wikicommons

Les migrations des Proto-bulgares - Wikicommons

Georges Castellan nous présente ici une terre d’intense brassage culturel et humain. La Bulgarie actuelle est le résultat du métissage des populations thraces, slaves, proto-bulgares (elle-mêmes fruit d’un mélange de peuples des steppes), puis turques. Comme l’auteur l’explique, le mot bulgare vient d’un vieux mot turc, bulgha, signifiant mélanger, et représentant bien la nature composite des proto-bulgares qui se sont constitués à partir d’éléments iraniens et turco-mongols. Pendant un temps Proto-bulgares et Slaves coexistent sans se fondre. On découvre un royaume qui vit dans une relation d’amour-haine avec son voisin l’empire byzantin : les Bulgares y puisent leur religion et leur culture tout en défendant farouchement leur indépendance. Les Bulgares tentent également de s’assurer une position dominante sur les autres Slaves du sud, mais se heurtent ainsi à leurs rivaux Serbes. Malgré le déclin de leur puissant voisin, la Bulgarie connait des éclipses pendant laquelle elle disparait en tant qu’État indépendant. La plus longue de toutes, qui dure près de cinq siècles, est due à l’invasion ottomane de 1393. Jusqu’en 1878 la Bulgarie disparait et se fond dans la Roumélie (partie européenne de l’empire ottoman). Comme en Inde, la domination musulmane a été dépeinte sous un jour très noir alors que la réalité apparait bien plus contrastée, la domination turque s’accompagnant d’une paix durable quand l’Europe était déchirée par les guerres de religion et les conflits entre puissances chrétiennes. De même, l’enlèvement de jeunes chrétiens qui seront islamisés pour constituer les rangs des janissaires a laissé une plaie dans les mémoires quand les effectifs ne semblent pas avoir été extrêmement élevés.

La Bulgarie 1878-1913 © Alain Houot

La Bulgarie 1878-1913 © Alain Houot

La première guerre balkanique (octobre 1912) © Atlas-historique.net La deuxième guerre balkanique (juin 1913) © Atlas-historique.net Le front des Balkans en 1915 © Atlas-historique.net La victoire alliée dans les Balkans (1918) © Atlas-historique.net

La Bulgarie pendant les guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale © Atlas-historique.net

À la fin du XVIIIe et plus encore au XIXe siècle, les idées révolutionnaires et humanistes gagnent la région et suscitent un réveil national chez les Bulgares qui commencent alors à produire pour l’exportation et se frottent au monde moderne. Les tentatives d’insurrection sont impitoyablement réprimées, ce qui attire la sympathie de l’Occident et de la Russie, qui font alors de plus en plus pression sur l’empire ottoman pour qu’il relâche sa prise sur les Balkans. En 1878, la guerre russo-turque permet aux Bulgares d’obtenir une principauté autonome au nord (confiée à des princes allemands), le sud du pays restant sous administration turque sous le nom de Roumélie orientale. Il faut peu de temps aux Bulgares pour forcer la Turquie à accepter la réunification du pays, le prince étant systématiquement nommé gouverneur de Roumélie orientale. La première moitié du XXe siècle n’est qu’une longue suite de catastrophes nationales liées à de mauvaises décisions. Après s’être alliée à la Grèce, à la Serbie et au Monténégro contre la Turquie lors de la première guerre balkanique de 1912, la Bulgarie se retourne l’année suivante contre ses anciens alliés dans l’espoir d’obtenir plus de territoires en Thrace et surtout en Macédoine. Elle perd ce conflit pour mieux se jeter dans la Première Guerre mondiale aux cotés des empires centraux, toujours dans l’espoir de récupérer plus de territoires en Macédoine et dans le sud-ouest de la Roumanie. Là encore, cette décision se retourne contre elle : outre des pertes territoriales et la limitation de son armée, la Bulgarie évite de peu une importante insurrection menée par l’armée en retraite. Comme pour presque tous les pays ayant subi la Première Guerre, la Bulgarie connait un entre-deux guerres chaotique. Sa situation économique est particulièrement mauvaise, elle est isolée diplomatiquement, et sa vie politique est assez instable. La crise de 1929 n’améliore rien, sans compter le terrorisme qui sévit en Macédoine (le roi de Yougoslavie, pro-français, sera d’ailleurs assassiné à Marseille par un membre de l’ORIM ayant agi en concertation avec des émigrés croates et avec un financement germano-italien !). En 1935 le tsar Boris III décide de gouverner seul et ne prend un premier ministre que pour la forme. Lorsque la Seconde Guerre éclate, la Bulgarie entend préserver une neutralité bienveillante envers l’Allemagne et l’Italie. Boris III pèsera de tout son poids pour que son armée ne soit pas envoyée combattre l’Armée rouge. Il profite toutefois de l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce par l’Allemagne pour se joindre à la curée et obtenir sa part du gâteau. La Bulgarie ne sera pas impliquée outre mesure dans le conflit sinon en livrant de grandes quantités de vivres et de matériels à son allié, et réussira à éviter la déportation de ses juifs, hormis ceux des régions conquises.

La Bulgarie 1919-1947 © Alain Houot

La Bulgarie 1919-1947 © Alain Houot

Bien que la Bulgarie n’ait jamais déclaré la guerre à l’URSS, celle-ci l’occupe et la pousse à se retourner contre l’Allemagne. Comme tous les territoires « libérés » par l’Armée rouge, la Bulgarie connait une phase de relative cohabitation et de pluralisme avant que le Parti communiste n’éradique toute opposition. Le tout jeune roi Siméon II est expulsé avec sa famille en 1946 et la Bulgarie devient une république populaire. De la déstalinisation à 1989, la Bulgarie vit une période relativement sans histoire et prospère, son dirigeant Todor Jivkov s’alignant continuellement sur Moscou et fournissant des troupes pour la répression du printemps de Prague. La perestroïka bouscule le vieux dirigeant qui est renversé par ses anciens alliés, qui doivent eux-même laisser la place sous la pression de la rue. Là encore, la Bulgarie suit une évolution identique aux anciens satellites de l’URSS : après avoir renversé le tout-puissant parti communiste, les nouveaux démocrates sont impuissants à juguler l’inflation, le chômage massif et la violence, et doivent céder le pouvoir aux anciens dirigeants. La Bulgarie renoue ainsi avec les alternances électorales.

Boris III de Bulgarie (1894-1943) - Wikicommons Todor Jivkov (1911-1998) - Wikicommons

Boris III de Bulgarie (1894-1943) - Wikicommons
Todor Jivkov (1911-1998) - Wikicommons

Commentaires»

1. Angelard - 16/02/2011

Bonjour,

je trouve votre commentaire intéressant et pour tout dire j’ai commandé le livre car je m’intéresse justement à l’histoire des pays peu connus.

Rincevent - 16/02/2011

Merci. C’est tout l’objet de ce blog : l’histoire méconnue. Je pourrais me dire que j’ai été utile à au moins une personne.

Bonne lecture est-européenne !😉


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