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Allez les mages / Terry Pratchett 01/11/2010

Posted by Rincevent in Mes lectures, Terry Pratchett.
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Que c’est bon de se faire un bon gros Pratchett ! Le dernier tome des Annales du Disque-Monde qui vient de sortir est tout simplement excellent et vaut son pesant de cacahouètes. Dans ce tome, Terry Pratchett explore le thème du football, de la xénophobie et de la compétition universitaire. Et on se régale !

Allez les mages / Terry Pratchett

Allez les mages / Terry Pratchett

Je dois avouer que j’étais des plus méfiants envers ce tome, tant j’ai horreur de tout ce qui tourne autour du sport. Et pourtant, même si les passages sportifs ne m’ont pas enthousiasmé des masses, la lecture en était pourtant très agréable. Dans Allez les mages ! nous découvrons que l’Université Invisible d’Ankh-Morpork a perdu il y a peu un de ses membres dirigeants, en l’occurrence le Doyen, qui a été débauché par une université de magie concurrente à Pseudopolis, ce que l’archichancelier Ridculle ne digère pas, mais alors pas du tout. Comme un malheur n’arrive jamais seul, son jeune confrère Cogite Stibon, en plus de cumuler une douzaine de fonctions, s’est aperçu que l’université était en passe de perdre une source substantielle de revenus parce qu’elle ne s’était pas pliée aux conditions d’un ancien leg exigeant qu’elle participe au moins une fois à un match de foot. Consternation chez nos bedonnants savants ! Que faut-il craindre le plus ? Courir un peu et se faire malmener par les voyous des rues ou renoncer aux plateaux de dizaines de fromages à chaque petite collation ? La dernière option étant bien entendu inacceptable pour le corps universitaire (en surcharge pondérale), ce dernier se remet tant bien que mal au sport. Hélas, le foule-ta-balle est un jeu de rue violent et dépourvu de règles, servant avant tout aux bandes de quartier de défouloir et de guerre urbaine. Les débordements s’accompagnant de destructions croissantes, le Patricien décide de s’en mêler afin de canaliser cette énergie et bousculer un peu une université endormie. Au même moment, un nouvel énergumène fait son apparition au sein du petit personnel de l’université. Monsieur Daingue inquiète les gens : certes, on trouve en ville des nains, des trolls, des vampires et bien d’autres choses, mais quand même… un gobelin arrivé d’Überwald ! Qui est plus savant que tout ce qu’on pourrait croiser à l’université et plus habile que n’importe quel artisan, en plus ! Et il faut qu’il traîne avec son collègue Trevor Probable, un traîne-savate qui risque de dévergonder la magnifique nunuche de la cuisine de nuit.

L'équipe dirigeante de l'Université, du temps où le doyen était encore là © Paul Kidby

L'équipe dirigeante de l'Université, du temps où le doyen était encore là © Paul Kidby

J’ai adoré ce roman. Non pas pour le sport, je l’ai déjà dit. En ce domaine, c’est du Pratchett somme toute assez classique : sport = ferveur populaire = religion = miracles et dénouements surprenants. Non, ce qui m’a plus c’est que le bouquin se place dans la suite directe de Jeu de nains et continue l’élan de modernisation et d’approfondissement de la société ankhienne. Alors que les premiers volumes des Annales étaient justes délirants, les suivants montraient progressivement la naissance d’une société « industrielle » dans un monde magique et les problèmes qui en résultaient : cohabitation difficile de différentes espèces (dans quelle autre œuvre de fantasy l’auteur se penche sur les histoires de voisinages entre nains et trolls, ou entre zombies et vampires ?), remise en marche et fonctionnement des institutions d’États comme la Poste ou la Banque royale, naissance de la presse libre… Et pourtant, l’Université Invisible présente dès le premier tome avait totalement échappé à ce processus. C’est en lisant ce bouquin qu’on se rend brutalement compte que ce lieu emblématique de la série s’avère n’être en fait qu’un décor pratique. On est dans un univers magique, il faut donc des mages, qui vivent dans une université. Oui. Bon. Certes. Mais jamais on ne s’était penché sur la manière dont elle fonctionnait au quotidien. Tout au plus, Pratchett avait étoffé et stabilisé la galerie des occupants qu’on retrouvait avec plaisir dans leurs rôles habituels. Allez les mages ! m’a fait un choc parce qu’on déambule dans une institution tellement vieille qu’elle en est devenue incapable d’envisager qu’on puisse la concurrencer sans déclencher pour autant une guerre magique à l’échelle du Disque. Encore mieux, on plonge dans les niveaux inférieurs où s’active le petit personnel afin que leurs employeurs ne manquent de rien. Candélaquais (responsables des lustres et bougies), personnel de cuisine… Tout un monde qu’on avait jusqu’alors aperçu que furtivement sous la férule de Madame Panaris, la redoutable intendante. Le titre original annonce d’ailleurs la couleur : Unseen Academical, c’est l’Université invisible telle que vous ne le l’avez jamais vue (sur un stade, mais aussi dans les coulisses). Les personnages eux-mêmes sont creusés : Cogite Stibon, éternel jeune scientifique sérieux, est désormais le dirigeant quotidien officieux de l’université juste parce qu’on lui a refilé tous les jobs ingrats dont personne ne voulait, et il n’hésite plus à le faire remarquer et s’emploie à manœuvrer ses collègues sauf quand l’archichancelier le remet à sa place. Le Doyen, qui passait son temps à se disputer avec ce dernier, a commis le crime de partir travailler ailleurs où il ose se faire appeler archichancelier. Un crime de lèse-majesté ! Il est donc vite remplacé par M. Pexor, sympathique professeur de nécromancie communication post-mortem, qui ne manque pas de rappeler qu’il est statutairement censé faire le mal. Rincevent enfin, mon couard homonyme, fait désormais pleinement partie du personnel après des années de cavale et d’aventures subies contre son gré. On voit bien que Pratchett ne sait plus quoi en faire en tant que personnage principal, mais lorsqu’il le laisse parmi les mages il arrive toujours à en tirer quelque chose de par sa nature de victime désignée.

Discutez-en sur le Vademecum-dm.com, forum consacré à Terry Pratchett !

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