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Le champ / Donald S. Lopez Jr 30/08/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Dans cet article, nous découvrons comment le Tibet et sa version du bouddhisme sont passés du statut d’éléments marginaux dédaignés par l’élite occidentale à celui de référence incontournable pour l’étude des religions et du bouddhisme en particulier.

L’étude du bouddhisme, ou bouddhologie, existe en Occident depuis le XIXe siècle et les premiers envois de textes sanskrit vers les institution savantes de l’époque. Mais ce n’est qu’à la fin du siècle que les anglo-saxons atteignent une masse d’ouvrages suffisamment consistante. Les textes tibétains traduits et/ou étudiés sont alors plutôt le domaine de non-anglophones, notamment les Français ou les Hongrois en la personne d’Alexander Csoma de Körös. Après la Seconde Guerre mondiale, le domaine des études religieuses est considéré comme étant trop calqué sur le modèle du séminaire et accordant trop d’importance au monde judéo-chrétien. Les cursus américains reposent alors sur l’interprétation des textes quand les Européens étudient d’avantage le bouddhisme dans le cadre des études orientales ou philologiques. Le bouddhisme tibétain est longtemps presque inconnu du fait de l’isolement volontaire maintenu par ses autorités et n’est pas toujours considéré comme étant un « vrai » bouddhisme à cause des ses aspects rituels ou magiques. Cette méconnaissance persiste puisque si les Occidentaux ne peuvent se rendre au Tibet et l’étudier, les Tibétains ne font rien pour se faire connaitre. L’exil provoqué par l’invasion du pays puis la fuite du Dalaï-lama bouleverse cet état de fait. Dans les années 1960 la fondation Rockfeller fait ainsi venir un lama tibétain à Washington et en 1961 le premier programme universitaire d’études bouddhistes est créé dans le Wisconsin. Ses diplômés fourniront les professeurs des départements d’études religieuses qui vont s’étoffer dans les années suivantes pour inclure les autres grandes religions. Bien souvent, les nouveaux département seront dirigés par les spécialistes du bouddhisme, assurant à ce dernier de ne pas être laissé de coté. Ces premiers enseignants doivent trouver des astuces pour que leurs élèves et leurs autres collègues puissent comprendre les difficiles textes philosophiques qu’ils leurs font étudier, et ils se tournent alors vers la pratique tibétaine qui repose sur la mémorisation et le débat. Les étudiants sont donc amenés à mémoriser des analogies simples leur permettant de comprendre les bases de la philosophie bouddhiste, mais le débat est plutôt absent. C’est l’époque où l’Inde rembourse le blé américain avec des copies de livres bouddhistes. L’afflux d’œuvres tibétaines traduites du sanskrit stimule les universitaires qui envoient alors leurs étudiants en Inde (sous un faux prétexte, l’Inde interdisant l’accès aux exilés) pour qu’ils étudient ces textes désormais disponibles. Mais les étudier impique d’apprendre le tibétain ainsi que les bases de la formation monastique tibétaine pour en comprendre le sens. Hors la formation tibétaine qui dure en moyenne vingt ans ne peut-être intégrée telle quelle dans les cursus américains. C’est pourquoi les professeur doivent s’en tenir au strict minimum et enseignent à leurs élèves des bases normalement apprises par les moines Tibétains de douze ans. Progressivement, le nombre de diplômés augmente et ceux-ci diffusent les écrits de l’école Gelug, dominante au Tibet, car ils se sont eux-même convertis. Les visites du Dalaï-lama aux États-Unis suscitent un intérêt croissant de la part du public pour son pays et sa religion, qui se traduit par un afflux d’étudiants. Les universitaires se démarquent de la distinction religieux/laïc qui prévaut en Asie : s’ils partagent la vie de moines en Inde, ils retournent à la vie laïque une fois revenus et travaillent pour des universités. Afin de mieux diffuser leurs travaux, des maisons d’éditions sont fondées et les cours d’introduction au bouddhisme attirent un public nombreux, surtout si un lama est présent. En parallèle à ces « moines » redevenus enseignants laïcs, on observe l’apparition de moines et de nonnes américaines, mais ils restent marginaux : à la différence des moines tibétains ils ne bénéficient d’aucun financement officiel et n’ont pas accès à des lamas pouvant valider leur pratique. Du reste, peu d’entre eux maîtrisent le tibétain, ce qui leur interdit de pouvoir enseigner et fonder une lignée monastique.

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