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La fin de l’État lamaiste / Melvyn C. Goldstein 11/07/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Ce court article est en fait la conclusion du livre The demise of the lamaist state. Il dresse un panorama rapide de la vie politique de 1913 à 1951.

Pendant 38 ans, le Tibet a eu le contrôle de ses affaires intérieures et extérieures et a cherché à obtenir la reconnaissance de cet état de fait. À l’inverse, les Chinois cherchent à le réintégrer à la mère patrie, ce qui suscite des tensions durables entre les deux pays jusqu’à l’invasion de 1949. L’échec du Tibet à anticiper cette fin est principalement dû à l’opposition du clergé à toute réforme. Le poids politique des monastères repose à la masse de moines peu éduqués qu’ils abritent et qui leur sert de milice pour imposer leurs vues au gouvernement et s’assurer une impunité presque totale. Plus un monastère est peuplé, plus son poids politique et plus ses revenus augmentent. Par conséquent tout pouvoir séculier est considéré suspect et dangereux : le développement d’une armée modernisée en fera les frais. De même, seul un religieux doit être à la tête du pays, raison pour laquelle les postes prestigieux sont monopolisés par les incarnations religieuses à l’instar du régent Reting. Les laïcs qui tentent de contrebalancer cette puissance finissent toujours par être brisés (Tsarong et Lungshar). Ainsi, si les années 1913-1934 ont été une période d’agitation politique mais de reprise en main de l’État, le décès du Dalaï-lama en 1933 puis l’accession à la régence de Reting en 1934 ont ouvert une longue période de stagnation, d’enrichissement personnel et d’autoritarisme. Et s’il renonce au pouvoir en 1940 (il ne peut recevoir les vœux du jeune Dalaï-lama puisqu’il a rompu son vœu de chasteté) c’est en espérant revenir peu après. Hélas pour lui, le remplaçant qu’il avait choisi lui-même et espérait malléable, Tagtrag Rinpoche, s’avère incorruptible et déterminé à remettre l’administration sur les rails. Il restaure donc une stricte discipline et place des hommes à lui aux postes clés avant de s’en prendre aux soutiens de Reting. Celui-ci tente de reprendre le pouvoir en 1944 mais doit retourner dans son monastère. Il n’abandonne pourtant pas ses projets et envisage de faire assassiner Tagtrag voire de demander de l’aide à la Chine, ce qui provoque son arrestation en 1947. Le monastère de Sera prend immédiatement cause pour lui (Reting est affilié à Sera) et entre en guerre contre le gouvernement, qui ne peut dès lors se préparer à une guerre contre la Chine. Tagtrag tente alors d’obtenir une reconnaissance internationale de son statut et de moderniser le pays, mais les monastères l’en empêchent une fois de plus. Pour eux, les 30 dernières années montrent que le Tibet peut rester indépendant sans se réformer. Au moment de l’invasion, il n’y a plus au Tibet qu’une poignée de Tibétains parlant anglais et presque aucun ne connait ou comprend la situation internationale. L’armée n’est plus que l’ombre d’elle-même et a perdu ses capacités de défense des années 1920.

Mais le Tibet a aussi sombré parce que ni la Grande-Bretagne ni l’Inde n’ont accepté de lui apporter son soutien, la première refilant le bébé à l’Inde nouvellement indépendante qui ne peut et ne veut pas s’opposer à la Chine ni soutenir l’indépendance d’un régime féodal. Dans la même logique, Nehru refusera d’autoriser une action américaine (les États-Unis ne soutenant de toute façon pas non plus l’indépendance du Tibet et ne lui apportant pas d’aide militaire).

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Commentaires»

1. Ran - 13/07/2010

Un résumé bref mais intéressant ! Jamyang Norbu objecterait probablement qu’il accorde trop d’importance à Reting Rimpoche : critique qu’il adresse habituellement (à tort ou à raison ?) à l’ensemble du travail de Goldstein. D’ailleurs, parlant de Reting Rimpoche, on pourrait préciser après « arrestation » : « et probable exécution », si j’en crois les rumeurs entourant sa mort…

Petite coquille peut-être, je crois que le 13e Dalai Lama est mort en 1933, non ?

2. Rincevent - 14/07/2010

Effectivement, c’est bien en 33. Je corrige de suite.
Le prochain chapitre traite particulièrement de Reting et de ses magouilles (mais il est encore de Goldstein ^_^ rha la barbe il est de Richardson, et puis voilà ! 😛 ).


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