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Les missions chrétiennes et la politique tibétaine : 1850-1950 / John Bray 12/06/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Une forteresse assiégée. Mais dont les assaillants ne connaitraient pas le terrain, ne pourraient se faire ravitailler et camperaient sur les plates-bandes d’une armée rivale attendant derrière eux. Cette situation désespérée a été celle des missionnaires chrétiens qui tentèrent vainement de pénétrer au Tibet pour l’évangéliser et se heurtèrent à l’hostilité des autochtones, des Chinois, et aussi à celle des Britanniques…

Le sujet avait déjà été abordé dans le deuxième tome par un autre article du même auteur sur les catholiques et par Laurent Deshayes qui leur a consacré un livre. Enfin bref. L’auteur commence par rappeler que si environ 26% des hommes étaient moines, tous les Tibétains n’étaient pas bouddhistes : à coté d’eux vivaient de nombreux bönpos ainsi qu’une minorité de marchands musulmans. Ces religions étaient tolérées dès lors qu’elles ne tentaient pas de convertir d’autres Tibétains. Cette situation était renforcée par l’isolationnisme du clergé voulant plus que tout préserver la pureté du bouddhisme. Les Britanniques, quant à eux, encouragent l’indépendance tibétaine afin d’en faire un État tampon assurant la sécurité su nord de l’Inde. Ils entravent donc l’action des missionnaires en les empêchant de franchir la frontière mais rejettent la responsabilité du refus sur les autorités tibétaines pour se dédouaner auprès de leur métropole. Et les Tibétains refusent de laisser entrer des étrangers pour ne pas heurter les Britanniques. Chacun se rejette la responsabilité d’une politique pourtant commune. Des missionnaires réussissent toutefois à entrer en contact avec le Tibet, tout d’abord en s’installant du coté indien de la frontière. C’est le cas des Frères Moraves, de l’Église d’Écosse, de l’alliance missionnaire scandinave, des méthodistes américains, de catholiques français (le pape a confié l’évangélisation du Tibet à la société des missions étrangères de Paris en 1840)… Les résultats ne sont pas à la hauteur des efforts fournis : malgré la création de fermes et la diffusion de textes en langue locale, la pression sociale est trop forte et les seuls convertis sont des endettés.

L’autre frontière tibétaine, coté chinois, est beaucoup plus problématique. Profondément instable car divisée en de nombreuses principautés s’efforçant d’échapper tant au contrôle de Lhassa qu’à celui de Pékin, elle est de plus ravagée par la guerre et la politique de sinisation forcée depuis 1904. De nombreux missionnaires s’y installent (ou tentent de s’y installer) : catholiques français, mission à l’intérieure de la Chine, adventistes du septième jour… Dès 1847, un conflit oppose les pères français soutenus par leurs diplomates, à la Chine : les missionnaires exigent de pouvoir se rendre au Tibet en vertu de traités passés ouvrant la Chine aux Occidentaux, mais la Chine n’est en fait pas en mesure d’imposer leur présence aux Tibétains et ne sait comment l’expliquer. Quoi qu’il en soit, les catholiques persistent et fondent une mission à Bonga en 1852 (détruite en 1865), qui sera une pomme de discorde les opposant aux monastères bouddhistes locaux. À chaque déconvenue (aux conséquences parfois funestes), les missionnaires iront porter plainte devant la justice chinoise, obtiendront gain de cause à grand peine et reviendront s’installer avant d’être de nouveau repoussés par les Tibétains. Considérant dès lors les monastères gelugpa (ceux des autres écoles ne leur posent semble-t-il aucun problème) comme un ennemi à abattre et ne pouvant compter sur l’aide britannique, les Français décident de soutenir la vigoureuse politique de sinisation. Dès lors, les catholiques suivent les déboires des troupes chinoises, avançant et refluant en même temps qu’elles, et apparaissent encore plus comme des envahisseurs. Les protestants ont moins de problèmes, entretiennent de bonnes relations avec les Tibétains et ont la faveur des Britanniques. Mais ceux-ci ne peuvent faire de favoritisme et préfèrent bloquer tout le monde. En 1950, tous sont arrêtés puis expulsés après l’invasion communiste du Tibet.

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