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La Mongolie, le Tibet et le bouddhisme ou le conte des deux Roerich / Robert A. Rupen 07/06/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Un petit peu pénible cet article : sur le fonds il nous présente la vie de Nicholas et George Roerich, émigrés Russes qui n’ont cessé d’étudier le Tibet et la Mongolie. Sur la forme, c’est légèrement décousu puisqu’après une présentation historique on revient sur les relations entre la famille et divers groupes, mais aussi sur leur influence sur la culture et la politique de la Haute Asie.

Nicholas Roerich (1874–1947) - Wikicommons George Roerich (1902–1960) - Wikicommons

Nicholas (1874–1947) et George Roerich (1902–1960) - Wikicommons

Nicholas Roerich et son fils ont été des observateurs et des acteurs du monde culturel tibéto-mongol (rappelons que les Mongols se sont convertis au bouddhisme tibétain au XVe siècle et maintenaient depuis des liens culturels puissants avec le Tibet, y compris pour ceux d’entre eux placés sous administration russe ou chinoise) qu’ils ont étudié et tenté de moderniser. Ils auront une influence considérable sur les universitaires russes et étrangers partageant les mêmes sujets d’étude. Nicholas Roerich fuit la Russie en 1916 et s’installe à New York. Il n’est pas un Russe blanc et semble manifester une certaine sympathie sinon tolérance pour les idées communistes : pendant la Seconde guerre mondiale il vendra des peintures pour financer l’effort de guerre soviétique. Sur le plan personnel, il croit au mythe de Shambhala (dont le roi est censé venir du nord à la tête de ses troupes pour restaurer la pureté du bouddhisme et apporter le salut à l’humanité) et est fasciné par les symboles mystiques, ce qui ne l’empêche pas de défendre un néo-bouddhisme débarrassé de ses superstitions. En 1924 il lève des fonds aux États-Unis puis se rend à Berlin pour rencontrer un diplomate soviétique et obtenir la permission de mener une expédition au Tibet passant par la Mongolie. Si les Soviétiques les laissent passer, les Tibétains sont alors échaudés par la politique religieuse de ces derniers et interdisent à la mission d’acheter des vivres, ce qui provoque la mort de 90 animaux et cinq hommes. Les Roerich quittent le Tibet par l’Inde, aidés et même sauvés par les Britanniques, ce que les Soviétiques tairont (ni le fils ni le père n’évoqueront pourtant avoir rencontré Chicherin, commissaire aux Affaires Étrangères, à Moscou). La Mongolie des années 1930 est alors âprement disputée par l’URSS, la Chine et le Japon et perd ses élites monastiques, rompant ainsi ses liens anciens avec le Tibet. Les Roerich assurent alors la survie de sa culture et fondent un musée aux États-Unis en 1929 (fermé en 1936, en même temps que le temple bouddhiste de Leningrad) et un institut d’études himalayennes en Inde.

Henry Agard Wallace (1888–1965) - Wikicommons

Henry Agard Wallace (1888–1965) - Wikicommons

En 1934 Nicholas Roerich trouve un appui financier et politique en la personne d’Henry Wallace, secrétaire d’État américain de l’agriculture, malgré les vives critiques du personnel du département. Le motif officiel de la nouvelle mission vers la Mandchourie est de chercher des plantes résistant aux sécheresses, mais Wallace est également motivé par l’occulte. Il rompt aussi brutalement avec Roerich qu’il l’avait soutenu (il l’avait proposé pour le prix Nobel de la paix !). Sur place, tout le monde croit que Roerich est un espion au service des autres pays. Il faut dire que cet émigré russe recrute d’anciennes troupes de Russes blancs réfugiés en Mongole et armés par les États-Unis et qu’il soutien l’idée d’une Mongolie unie alors que l’URSS est secouée par les révoltes. Pour parachever le tout, les Roerich voyagent sous passeport français… Revenue aux États-Unis et violemment critiquée, accusée d’espionnage et de manipulation de Wallace, la famille part pour le nord de l’Inde en 1947 où meurt Nicholas. En 1957, Georges Roerich décide de revenir au pays afin d’y relancer les études asiatiques qui y ont périclité depuis la révolution. Au cours des années qui suivent l’URSS et la Chine coopèrent un temps et cherchent à manipuler le bouddhisme pour renforcer leurs contrôles respectifs sur le Tibet et la Mongolie. Roerich rend donc la tête d’un institut de l’académie des science et restaure l’ancien temple. Mais l’euphorie ne dure pas : l’hostilité tibétaine envers les réformes chinoises rendent toute reprise des relations tibéto-mongoles illusoire. Et la brouille sino-soviétique se profile vite : lors d’un congrès de mongolistes organisé en Mongolie en 1959 les débats sont houleux, les lamas modernistes qu’a connu Roerich sont trainés dans la boue et le bouddhisme attaqué en URSS. Le choc a dû être particulièrement rude pour George qui décède trois ans plus tard.

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