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Nation / Terry Pratchett 23/05/2010

Posted by Rincevent in Mes lectures, Terry Pratchett.
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Le voilà donc le nouveau Pratchett ! Ici nous sommes doublement dépaysé : d’une part parce qu’il ne s’agit pas d’un roman du Disque-Monde, d’autre part parce que l’action nous emmène dans une île pseudo-océanienne.

Nation / Terry Pratchett

Nation / Terry Pratchett

L’histoire commence par deux catastrophes. L’Europe du XIXe siècle est ravagée par une grippe russe qui a emporté des milliers de personnes au point que les deux derniers héritiers du trône encore en vie se trouvent chacun à des milliers de kilomètres. Le fait que l’un d’entre eux soit français pousse les autorités à envoyer une mission chercher l’héritier britannique pour le ramener le plus vite possible afin d’écarter tout risque de voir un Froggy règner sur la perfide Albion. Au même moment un raz-de-marée de proportions cataclysmiques anéantit les îles de l’océan Pacifique et ne laisse que deux survivants. L’un d’entre eux est un jeune garçon, Mau, rituellement envoyé sur un atoll avant d’être accepté parmi les hommes de son île. L’autre une jeune aristocrate nommée Ermintude Fanshaw (appelez-la plutôt Daphné, merci bien) dont le navire s’est brutalement échoué sur l’île en question. Les deux jeunes gens se rencontrent sur une île parsemée de cadavres et doivent apprendre à communiquer et à disperser les quiproquos et préjugés mutuels. Lui est ravagé par la disparition de la Nation et est furieux contre les dieux qui ont laissé faire ça. Elle espère que son gouverneur de père va venir la chercher mais est traumatisée par le décès de sa mère morte en couches. Très vite des survivants d’autres îles finissent par arriver, chacun ayant subi le même traumatisme de la perte des siens. Une petite société se reconstitue et accepte tant bien que mal un adolescent comme chef et une fille fantôme du peuple des hommes-culottes. La situation n’est pas facile car les esprits des ancêtres harcèlent le pauvre Mau qui refuse de rétablir les ancres à dieux à leur emplacement, sans compter le dieu de la mort Locaha qui guette le moindre faux-pas pour emporter Mau. Mais Daphné lui apporte son soutien et se révèle même avoir des pouvoirs de sorcière (et un vieux livre de médecine !). Ensemble, ils accueillent les nouveaux venus et découvrent que la caverne sacrée et taboue où repose les plus grands guerriers renferme les vestiges d’un temple extrêmement ancien. Car avant la fonte des pôles, les ancêtres de Mau avaient exploré les côtes de tous les continents, fait le tour de la terre et maitrisaient des techniques avancées. La découverte est d’importance mais il faut surtout se préoccuper de la survie. En effet, des mutins du bateau transportant Daphné ont pris le dessus sur les pillards qui vénèrent Locaha et menacent la Nation. Il faudra tout le courage de Mau pour qu’il puisse défaire rituellement leur chef. Peu après le père de Daphné et accessoirement roi de Grande-Bretagne sans le savoir arrive suivi de peu par la mission chargé de les ramener. Un accord est vite trouvé : la Nation ne sera pas annexée mais elle va rejoindre la Royal Society en échange de quoi elle autorisera la venue de scientifiques. Mau et Daphné se séparent alors pour s’occuper de leurs nations respectives.

Daphné et Mau © MargoMeiko

Daphné et Mau © MargoMeiko

Nation est un titre déroutant car l’action prend place dans un monde alternatif au nôtre ou l’Australie est divisée en deux îles. Ça n’est du reste pas très important puisqu’on évolue dans une société pseudo-polynésienne qui doit se reconstruire après un cataclysme. La brutalité de ce dernier pousse les survivants à remettre quelque peu en question le bien fondé de leurs traditions, et ébranle leur foi structurée par des tabous : pas le droit pour un homme de s’aventurer chez les femmes, pas le droit pour les enfants de se rendre à la caverne des grands-pères, pas le droit pour un garçon d’être accepté comme un homme sans traverser un certain nombre d’épreuves. En même temps Pratchett aborde son thème préféré des relations culturelles et de leur lot d’incompréhensions. Au final, Nation est un roman assez agréable et rapide à lire mais qui reste bien plus léger que d’autres de ses œuvres. On retrouve un peu le style et la simplicité de Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants ou de Les chtits hommes libres. Sympa mais pas le meilleur livre qu’il ait écrit.

Discutez-en sur le Vademecum-dm.com, forum consacré à Terry Pratchett !

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