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Le Dalaï-lama : Lhassa 1921 / Sir Charles Bell 05/04/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Cet article est en fait la retranscription de discours tenus lors d’une soirée au sein de la Central Asian Society à Londres en 1924. Plusieurs intervenants prennent la parole à tour de rôle pour livrer au public leurs expériences du monde tibétain. Se succèdent donc Sir Charles Bell, ancien résident politique au Sikkim et représentant britannique à Lhassa ; Sir Francis Younghusband, qui mena l’expédition militaire vers cette même ville en 1904, le docteur William McGovern, un aventurier américain et Sir John Jordan, ancien représentant britannique en Chine.

Charles Bell présente son voyage au Tibet de 1921. Il part du Sikkim et rentre dans la vallée de la Chumbi (voir la carte du trajet sur le Tibet Album) dont le climat est déjà différent de celui de l’autre coté de l’Himalaya : aux forêts tropicales humides succèdent vite des forêts de pin puis des plaines arides parsemées de neige et de rares buissons. À Gyantse, deux officiels tibétains attendent Charles Belle et sa suite et l’un d’entre eux l’accompagne pour le reste de son voyage. Bell attend le 17 novembre, date propice, pour entrer dans Lhassa. Il décrit rapidement la ville caractérisée par ses deux collines dont l’une abrite le Potala et l’autre le collège de médecine tibétaine. Au pied du palais s’étend le village de Zhöl où réside l’élite de l’administration, la ville elle-même étant installée un peu plus loin. Encore plus à l’écart se trouve le palais d’été du Norbulingka où le XIIIe Dalaï-lama aime séjourner. Bell manifeste une nette admiration pour ce dernier qu’il connait depuis déjà onze ans. Moustachu, marqué par la variole et vouté à force de prosternations, le dirigeant du pays manifeste un grand sens de l’humour. Il se lève avant six heures du matin et ne se couche qu’après minuit, ne prenant que de courtes pauses pour les repas.

Francis Younghusband déplore de ne pas avoir eu la possibilité de rencontrer le Dalaï-lama, ce dernier s’étant enfuit avant qu’il n’atteigne sa capitale. Il se réjouie toutefois de l’orientation qu’a su donner Bell aux relations tibéto-britanniques. Lui même a constaté de visu l’hostilité que l’arrivée d’Occidentaux pouvait susciter, mais est convaincu que la bonne volonté de son pays réduira les oppositions.

McGovern, récemment revenu du Tibet, rapporte le bon souvenir qu’a laissé Charles Bell aux Tibétains pourtant fortement divisés quant à l’intérêt de maintenir des relations avec la Grande-Bretagne. Il rappelle la volte-face qu’a opéré le Dalaï-lama : initialement hostile aux Occidentaux, il est désormais enclin à collaborer avec eux. McGovern le décrit comme un homme passionné et emporté, mais prudent et malin.

John Jordan joue en quelque sorte l’avocat du diable en raison de sa carrière chinoise. Il félicite les orateurs précédents mais leur reproche également d’avoir ôté au Tibet ce qui lui restait de mystère, tout comme les autres pays d’Asie. Lui même a rencontré le Dalaï-lama en 1908 lorsque ce dernier est venu à Pékin après être passé au mont Wutai Shan en revenant de son exil mongol. Il décrit l’arrivée de sa cour comme l’irruption d’une nuée de sauterelles dévorant tout sur leur passage. Lui-même fut assez déçu de sa rencontre et ne vit en lui qu’un homme surtout préoccupé de récupérer son pouvoir temporel et multipliant les entretiens pour y arriver. Le diplomate évoque une atmosphère d’intrigues où les diplomates de tous les pays se pressaient auprès du dirigeant tibétain. Pour y mettre fin, le ministère des Affaires Étrangères chinois déclara que les devoirs religieux du Dalaï-lama l’empêcheraient désormais de continuer à avoir autant d’entretiens. Ceux-ci ne se dérouleraient plus qu’une heure par jour et sur autorisation du ministère. La manœuvre sembla réussir aux dires de Jordan car la beaucoup se désintéressèrent vite du sujet. Plus anecdotique, Jordan rapporte que pour ces entretiens, il fallait obligatoirement se présenter avec la traditionnelle khatag (écharpe en soie qu’on s’échange). Mais, celles-ci étant rares à Pékin, certains eurent l’idée de découper de la soie pour en faire des khatags semblables aux autres et éviter ainsi d’avoir à payer. Les Tibétains ne s’y trompèrent pourtant pas et les refusèrent toutes.

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