jump to navigation

Les Japonais au Tibet / Scott Berry 23/03/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
Tags: ,
trackback

Article sur Google books

Un chapitre très court qui, comme son titre l’indique, présente les Japonais qui ont réussit à mettre le pied au Tibet dans la première moitié du XXe siècle.

Lorsque les Britanniques entrent en force au Tibet lors de l’expédition de Sir Francis Younghusband, ils doivent vite se retirer du pays en raison du tollé international. Ce n’est qu’en 1921 que Charles Bell, ami du XIIIe Dalaï-lama, pourra séjourner un an à Lhassa. Mais il ne mentionnera pas la présence de plusieurs japonais dans le pays. Ceux-ci présentent des caractéristiques diverses, mais leur présence au Tibet ne répond certainement à la volonté de leur gouvernement. En effet, alors que des agents, britanniques, russes ou chinois sillonnent le toit du monde pour glaner des renseignements ou faire pencher la balance en leur faveur, les seuls japonais sur place le sont à titre personnels : moines bouddhistes venant parfaire leur savoir, aventuriers… Aucun d’entre eux ne sera équipé de matériel moderne, à la différence des autres qui cherchent avant tout à compléter leurs connaissances du pays.

Ekai Kawaguchi (1866-1945) - Wikicommons Nomi Kan / Yutaka Nomi (1869-1903) - Wikicommons Enga Teramoto (1872-1940) - Wikicommons Yajima Yasujiro (1882-1963) - Wikicommons

Quelques japonais ayant visité le Tibet - Wikicommons
Ekai Kawaguchi (1866-1945)
Nomi Kan / Yutaka Nomi (1869-1903)
Enga Teramoto (1872-1940)
Yajima Yasujiro (1882-1963)

En 1899, deux moines ayant partagé le même maître se rendent au Tibet en empruntant chacun un itinéraire différent. Ekai Kawaguchi passe par le Népal, Nomi Kan par la Chine. Mais alors que le premier réussira à visiter le pays, le second échouera par trois fois. Ils sont convaincu que le monde va entrer dans une ère bouddhiste. Deux autres hommes se rendent au Tibet en même temps que Nomi Kan : Narita Yasuteru, agissant pour le compte du ministère des Affaires Étrangères et qui abandonne vite au prétexte qu’il n’a rien de valable à offrir au Dalaï-lama, et le moine Teramoto Enga qu’on peut décrire comme un diplomate indépendant ayant collaboré avec l’armée et le corps diplomatique japonais, ainsi qu’avec des sectes bouddhistes. L’une d’entre elle, la Nishi Honganji est particulièrement xénophobe et nationaliste. Enga ne fera qu’un bref passage au Tibet et résidera toute sa vie en Chine.
En 1910, les Britanniques s’inquiètent de la présence près de Chamdo d’un énergumène nommé Yajima Yasujiro. Celui-ci est un vétéran de la guerre russo-japonaise qui gagne sa vie en Chine en enseignant le kendo aux troupes japonaises ou en colportant des médicaments et qui affirme être à la tête de la Société internationale de voyage (sans capitaux). L’individu s’est fait réformer en se faisant passer pour fou et a entrepris un tour du monde en un an. À peine est-il revenu au Japon qu’il repart deux jours plus tard au Tibet.
Le comte Otani, chef d’une des plus grandes sectes japonaises et parent de l’empereur, envoie deux représentants sur invitation du Dalaï-lama : Aoki Bunkyo et Tada Tokan. Le premier est un érudit qui passa son temps à étudier dans les monastères de Lhassa et ne s’entendait pas avec son collègue en raison d’une liaison supposée de celui-ci avec une veuve du coin. Ce dernier est quant à lui venu traduire des manuels militaires en tibétain et a acheté des mitrailleuses pour l’armée tibétaine. Il affirme avoir créé le drapeau tibétain. La disgrâce d’Otani en 1914 interrompt les voyages de Japonais jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Et lorsque le gouvernement se souvient du Tibet, il est trop tard. En 1939, un agent déguisé en mongol est envoyé mais restera plus d’un an dans le pays sans rien apprendre. Deux autres espions n’atteindront Lhassa qu’après la fin de la guerre.

Je signale cet article en français de l’International Dunhuang Project sur les expédition Otani en Asie centrale chinoise.

Publicités

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Vous avez quelque chose à dire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :