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Un restaurateur des études scripturales sakyapa / David Jackson 22/03/2010

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Pas passionnant du tout, cet article. Nous découvrons ici la vie d’un grand lama du début du XXe siècle qui contribua à restaurer l’enseignement de certains textes de l’école Sakya. Il laissa un héritage considérable dans la mesure où il a inlassablement parcouru le Tibet pour y apprendre puis y enseigner dans une multitude de monastères. Ses nombreux élèves assurèrent la transmission de ce savoir.

L’article traite donc de Dragyab Thubten Zangpo (1891/92-1930). Ce lama est peu connu mais il a ressuscité une tradition d’enseignement des textes de l’école Sakya. En effet, la tradition de l’école Gelug, politiquement et économiquement dominante au Tibet, repose sur un enseignement scolastique qui se transmet depuis sa fondation au XVIIe siècle. Les autres écoles ne purent maintenir leur vitalité face à cette domination implacable, mais conservèrent des places fortes dans le Kham. Au cours des siècles suivants, une intense vie spirituelle s’y développa. Les élèves de la région pouvaient ainsi y étudier leurs enseignements avant de se rendre au Tibet central pour compléter leur formation dans d’autres monastères. Le mouvement était tellement brillant que les lamas du Tibet central commencèrent à rechercher ses enseignements, son influence s’y faisant sentir même dans les tradition scolastiques non-gelugpa. Cette méthode d’enseignement se traduit par l’accent mis sur la lecture directe et l’étude des textes fondamentaux du bouddhisme. Lors des séminaires, un lama enseigne les traités doctrinaux et philosophiques indiens et apprend aux élèves à les exposer. Cette tradition ancienne a été remise au goût du jour par Zhenga / Zhenpen Chokyi Nangwa (1871-1927), un maître cherchant à préserver le savoir bouddhiste par le retour aux sources et les présentant à ses élèves en faisant fi de siècles de commentaires. En 1918 Zhenga est remarqué par les monastères du Tibet central qui cherchent à le faire venir.

Dragyab Thubten Zangpo est né dans la principauté de Dragyab / Draya, dans les Marches sino-tibétaines vers 1891. Après avoir étudié dans un monastère sakyapa, il est envoyé au monastère de Dzogchen où se trouve Zhenga. Au bout de cinq ou six ans, celui-ci estime qu’il a terminé sa formation et l’envoie enseigner à Sakya en 1914. Il enseignera dans les trois centres du monastère. Son séjour est long et pénible, car malgré son érudition il n’est pas encore lama à cause de son jeune âge. Sa restauration de la discipline monastique suscite jalousie et rancœur et lui font perdre le soutien du chef de Sakya. Il part au bout de cinq ans, mais plusieurs élèves le suivent à Lhartse où il reçoit le soutien d’une famille noble. Continuant sa route, il va enseigner à Dar Drangmoche, crée un séminaire à Tanag Thubten Namgyel, enseigne à Ngor pendant deux ans, se rend dans un monastère de Dreyül Kyetsel pour quatre ans. Il bouge beaucoup et visite le vieux monastère de Samye, puis celui de Nalendra avant de revenir à Dreyül Kyetsel. Il retourne encore une fois à Dar Drangmoche où il refuse de créer un séminaire de peur de s’attirer les foudres de l’administration gelugpa puis revient à Dreyül Kyetsel. Encore une fois invité à Nalendra, les moines de Dreyül s’y opposent unanimement, en vain. Il passe donc trois ans à Nalendra. Il y souffre d’une rage de dents et part récupérer un peu dans un ermitage du voisinage, mais à peine est-il revenu que son mal reprend de plus belle et empire. Ses élèves font donc venir un médecin pour qui sa douleur est l’œuvre de la sorcellerie du monastère de Ganden. Un monastère du Lhokha (au sud de Lhassa) l’invite et là encore, ses élèves s’opposent à son départ. Il meurt peu après.

Au cours de ses pérégrinations Dragyab Thubten Zangpo donnait quatre enseignements par jour puis trois (un par niveau d’étude) et l’après-midi il assistait aux débats dialectiques. Il avait la réputation d’être un excellent pédagogue et avait tendance à pleurer devant un exposé particulièrement mauvais plutôt que d’en gronder l’auteur. Il n’était pas sévère ni dur et ne s’attachait pas aux biens matériels (sauf à son bol). Preuve en est l’opposition répétées de ses élèves à son départ lorsqu’il était invité.

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