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La civilisation tibétaine / Rolf A. Stein 30/08/2009

Posted by Rincevent in Le Tibet, Mes lectures.
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Je l’avais pourtant vu ! C’était il y a quelques années, je venais juste de commencer à travailler à la bibliothèque et on m’avait envoyé faire un remplacement pendant un mois dans une des annexes du réseau. Je l’avais alors trouvé sur un rayon et feuilleté sans trop y prendre garde. Il n’y a pas longtemps je me suis demandé si le réseau avait des ouvrages de Rolf Stein (1911-1999), un des piliers (francophones qui plus est) de la tibétologie. Et bien oui ! C’est donc à la centrale que j’ai retrouvé La civilisation tibétaine rééditée en 1981 chez L’Asiathèque / Le Sycomore (première édition en 1962).

La civilisation tibétaine / Rolf A. Stein

La civilisation tibétaine / Rolf A. Stein

Cet ouvrage est un guide ou manuel général présentant la civilisation tibétaine au sens large. L’auteur a le bon goût d’écrire phonétiquement les mots et noms tibétains, ce qui évite au lecteur de reposer le livre, écœuré par les translittérations savantes. Ex : le nom du XIVe et actuel Dalaï-lama est Tenzin Gyatso, mais si on adopte la méthode de Turrell Wylie, ça donne ça : Bstan ‘dzin rgya mtsho… Imaginez un bouquin truffé de mots comme ça. Vous vous choppez très vite un mal de crâne commak. Heureusement, messire Stein avait voulu un ouvrage accessible au grand public. On lui en sait gréé.
– Le premier chapitre présente le pays et ses habitants : descriptions géographiques et ethnologiques, conception autochtone de l’espace tibétain. Le Tibet est un monde très vaste, aux multiples contrastes et dont plusieurs vagues de peuplement ont contribué à modeler une population originale.
– Le deuxième chapitre nous déroule l’histoire du Tibet en 37 pages depuis les légendes contant la genèse tibétaine jusqu’à l’invasion chinoise. Un condensé pratique et agréable à lire qui permet de se faire une idée sur les évolutions et bouleversements qui secouèrent le pays et ses voisins au fil du temps.
– Le troisième chapitre décrit la société tibétaine. Société à la fois hiérarchisée et solidaire où une femme peut épouser un homme et ses frères ou oncles dans le même élan, et inversement. C’est aussi une société essentiellement agricole contrairement à ce que les images de vastes plateaux arides pourraient laisser croire. Si ceux-ci occupent beaucoup d’espace, ils sont pourtant marginaux au sein même de la société tibétaine puisque les nomades ne sont pas considérés par les sédentaires comme de vrais tibétains (plusieurs groupes sont vraisemblablement issus de populations assimilées à un moment ou un autre de l’histoire). Et même si l’élevage est présent, il reste lié au travail de la ferme, les tribus étendant leurs activités de bas en haut de chaque vallée (champ en bas, pâturages en haut). Cela n’empêche pas que le mode de vie recherché par l’élite soit le nomadisme : dès que possible, on voyage et on vit sous la tente, même à proximité immédiate de son foyer, que l’on soit laïc ou religieux. La hiérarchie sociale est le reflet de cette situation : si l’État (ou un seigneur indépendant) est le propriétaire éminent de la terre, ceux à qui elle est louée contre service peuvent eux-même la sous-louer à d’autres, créant ainsi une pyramide régie par la dette et la réciprocité. En cas de différends, on a le choix entre la vendetta ou le paiement du « prix de l’homme ». L’Église, enfin, est pleinement intégrée au monde laïc, que ce soit en tant qu’institution commerciale, financière et foncière. Les enseignements religieux, payants, ne sont eux-mêmes accessibles qu’aux plus fortunés, la masse des moines étant relégués aux tâches de service.
– Le quatrième chapitre détaille la vie religieuse au sens large. Sont donc présentés le bouddhisme, la religion traditionnelle sans nom et le bön. J’avoue, j’ai sauté des passages. Plusieurs passages. À divers endroits. Qu’est-ce que les considérations théologiques m’emmerdent… Quoi qu’il en soit, le Tibet est depuis toujours une terre de brassage religieux où il aujourd’hui difficile de séparer nettement les uns des autres, et plus encore les éléments réellement indigènes des éléments importés à un moment ou l’autre.
– Le cinquième et dernier chapitre aborde enfin les arts et les lettres. Bon, là non plus ce n’est pas trop ma tasse de thé. La poésie ancienne et récente est étudiée, et l’auteur insiste à plusieurs reprises sur le fait que la quasi-totalité de la littérature orale nous est inconnue. Suivent les genres plus populaires comme la pantomime, le théâtre et l’épopée basée sur le héros Gesar de Ling. Plus encore que la littérature, les arts plastiques sont dominés par le bouddhisme et considérés comme une activité annexe. Les rares noms d’artistes connus sont donc souvent ceux de lamas qui ont pu s’y intéresser.

Bref, cet ouvrage reste un fondamental pour qui souhaite découvrir le Tibet. À ce propos les éditions Belles Lettres annoncent un ouvrage sur le Tibet dans leur collection Guide des civilisation. Je serais curieux de comparer les deux titres même s’il est évident qu’ils ne joueront pas dans la même catégorie.

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