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Histoire en bibliothèque / Valérie Tesnière 13/08/2009

Posted by Rincevent in La bibliothèque, Mes lectures.
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C’est déjà la fin de la fermeture. On est même revenus à la durée de prêt normale. Que ça passe vite. Du coup j’en ai profité pour lire Histoire en bibliothèque dirigé par Valérie Tesnière, paru au Cercle de la librairie en 2009. J’avais repéré l’ouvrage en découvrant le site de la Bibliographie de l’histoire de France sur le portail Revues.com. J’ai même tenté de l’acheter sur Amazon, mais au bout d’un mois, je n’avais toujours rien et on m’annonçait le livre comme indisponible (épuisé ?). Je me suis donc résigné à l’emprunter à la centrale qui l’avait acheté récemment.

Histoire en bibliothèque / Valérie Tesnière

Histoire en bibliothèque / Valérie Tesnière

L’ouvrage fait le point sur l’histoire en France dans les institutions culturelles, essentiellement les bibliothèques et les archives, mais les musées sont également évoqués. Un chapitre d’entrée en matière nous présente les évolutions de l’historiographie depuis les chroniques royales cherchant à transmettre une vision dynastique et politique jusqu’aux écoles historiques des XIXe et XXe siècles prônant le développement de l’histoire thématique (histoire de genre, histoire du climat…). Ces explications permettent ainsi de comprendre dans quelles circonstances nos institutions sont apparues, ce que recherchaient leurs responsables et quelles relations les lient.

La première partie s’attache à présenter les façons dont un fonds d’histoire est constitué : présentation des divers types d’ouvrages (sources, généalogie/héraldique, synthèses, biographies, histoire locale, revues…), analyse de la demande en partant du curieux totalement néophyte pour arriver aux étudiants et aux chercheurs, modes de classements et de présentation. On a ensuite un panorama très complet de la production éditoriale existante où les informations de la bibliographie nationale et de la base Électre sont croisées afin de mieux la cerner. De nombreux tableaux nous détaillent la production par genre, par éditeurs et par année et nous permettent de suivre l’évolution de la production. On constate ainsi que l’impression de perte d’intérêt pour les sciences humaines est dû en partie au fait que la production historique a connu une bulle dans les années 1970-80 avant de revenir à la normale. Les genres occupant le haut du panier sont sans surprise les biographies, les ouvrages traitant des Guerres mondiales, de la dé/colonisation sans oublier l’histoire locale. On découvre aussi, et avec surprise, que 25% de la production est issue du monde associatif ou de l’auto-édition (sociétés savantes et érudits locaux). La fin de cette partie donne de nombreuses pistes intéressantes sur les ressources en ligne, notamment les portails donnant accès à des titres numérisés, notamment Gallica, Persée, Revues.org, Cairn.

La deuxième partie présente les archives et les bibliothèques, leurs fonctionnements et différences. Les nombreux exemples présentés illustrent généralement à quel point la frontière séparant les unes des autres est poreuse et dépend essentiellement d’un modus vivendi. Ainsi, bien des bibliothèques conservent des archives de grands hommes (et femmes) du monde politique ou artistique, mais toutes les archives possèdent leur bibliothèque d’ouvrage de référence destinés à aider le public à s’orienter et à mieux comprendre les sources disponibles. Il est intéressant de noter que si les uns pensent en terme de fonds, ensemble lié à une personne ou une institution, les autres pensent en terme de collection, ensemble constitué ex-nihilo sur un sujet. Cette distinction semble être une particularité française, les institutions américaines et britanniques ne distinguant qu’archives courantes (records) et archives définitives et historiques (archives). On décortique ensuite les matériaux servant de sources pour l’histoire et ce que diverses bibliothèques peuvent faire pour faciliter leur découverte et leur exploitation par le public : répertoire d’établissements, bibliographies spécialisées, annuaires de publications. L’histoire locale, par son importance aux yeux des usagers, est traitée en détail : constitution des fonds historiques à partir de la Révolution (confiscations des fonds nobiliaires, notamment), foisonnement des sociétés savantes au XIXe siècle (dont on peut retrouver la liste sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques). Les actions de mises en valeur de ces fonds sont bien détaillées : dépouillement systématique de revues locales, dossiers biographiques, numérisation de titres… Les ressources audiovisuelles ne doivent pas être oubliées. Mais plus encore que les documents imprimés, on insiste sur la nécessité de les replacer dans leur contexte d’apparition afin de tordre le cou à l’idée répandue que l’image parle d’elle-même et n’a pas besoin d’accompagnement. Considérées très tardivement par les bibliothèques et archives, les photographies et vidéos sont néanmoins présentes dans de nombreux établissement qui peuvent proposer leurs fonds en ligne. Le statut marginal et problématique de la vidéo documentaire en bibliothèque est bien entendu évoqué. J’ai pu découvrir que le dépôt légal de la vidéo était éclaté entre diverses institutions (BNF, INA, CNC, Archives françaises du film). La production commerciale de documentaires est présentée. Un passage aborde les musées d’histoire ou plutôt l’histoire au musée et souligne l’extrême diversité de statuts et de traitements des collections qui règne. La nécessaire collaboration de conservateurs et d’historiens semble parfois faire défaut puisqu’on peut lire que « très peu d’entre eux ont eu recours à des conservateurs ou à des historiens pour développer et organiser leurs collections et pour travailler à leurs présentation ».

La troisième et dernière partie, est un dense et riche répertoire de sources à destination du chercheur ou du curieux : bibliographies et répertoires de sources, outils permettant de retrouver lieux, dates ou individus, collections de sources sur internet (très abondantes), revues d’histoire.

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Commentaires»

1. Ptilonorhynque - 13/08/2009

Merci pour cette présentation. Nous sommes justement en train de refaire le fonds histoire, cet ouvrage paraît juste au bon moment.

Amicalement

P.S. Très belle, ta bannière, j’aime beaucoup ces couleurs vives et toniques

2. Rincevent - 13/08/2009

Merci. ^^


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