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Vie et carrière politique de Tai Situ Jangchub Gyeltsen (1302-1364) / L. W. J. van der Kuijp 28/03/2009

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Cet article très dense décortique la vie d’un myriarque, à la fois dirigeant d’école bouddhiste et seigneur laïc. Jangchub Gyeltsen a eu un profond impact sur la vie politique tibétaine, pourtant sa vie reste assez mal documentée. Membre de la sous-école Phagmodru, de l’école Kagyü, il arrive au pouvoir presque par hasard. Un parent ayant déconné et assassiné un proche de la cour chinoise pour une histoire de cœur, le leader de Sakya le fit remplacer. On le choisit pour trois raisons : il appartient à la famille Lang qui contrôlait déjà le domaine ; il a des affinités avec l’école Sakya et ses enseignements ; c’est un jeune novice mais pas encore un moine, il peut donc conjuguer pouvoir religieux et temporel. Officiellement nommé en 1322, il n’est pas sûr qu’il soit jamais réellement rentré dans les ordres (ou alors sur le tard) : seuls trois Phagmodrupa portèrent le titre de lapön (cumulant les fonctions d’abbé de Densathil et de seigneur de Neudong) et il n’en fit pas partie. Il laissera son pouvoir religieux à son frère cadet en 1345, mais conserve le pouvoir politique.

Malgré de fortes oppositions, il recevra de la dynastie chinoise Yuan (d’origine mongole) un sceau à tête de tigre entouré de trois joyaux et un édit impérial lui attribuant le titre de Tai Situ (dasitu, titre chinois de sens mal défini). De fait, Jangchub Gyeltsen se retournera contre les Sakya et réussira à leur reprendre le Tibet central. L’absence de réaction de la part de la cour chinoise montre que celle-ci n’a pas le choix (elle est d’ailleurs occuppée à mater des soulèvements) et doit se résoudre à reconnaître les faits. Pour autant, sa position n’est pas des plus stables : il doit faire face à des intrigues et rébellions constantes, les structures administratives sakyapa sont conservées. Lui-même, s’il se voit comme ayant un rang égal aux grands seigneurs laïcs (indépendants ou au service de lamas), se décrit systématiquement comme un subalterne des grands lamas, dont les supérieurs sakyapa. Des membres de l’école Sakya tentèrent de convaincre la cour impériale qu’elle avait affaire à un rebelle, en pure perte. À son arrivée, l’envoyé de Jangchub Gyeltsen reçoit des cadeaux, un édit impérial et le neveu de celui-ci est nommé myriarque des Phagmodrupa. De plus, leurs domaines sont étendus au point d’englober celui très disputé de Gongkhar et de Rinpung. Il s’agit d’une reconnaissance en bonne et due forme de la cour chinoise de la nouvelle donne politique.

Du point de vue religieux, Jangchub Gyeltsen laissera derrière lui la traduction tibétaine du Bodhisattvavadanakalpalata (c’est long, comme titre !) de Ksemendra, et la fondation du monastère de Tsethang afin d’introduire l’enseignement par les livres au sein des moines, ceux-ci se préoccupant alors surtout de pratiques tantriques et de méditation.

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