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Quelques notes sur les premiers gompa drigungpa / Elliot Sperling 17/03/2009

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Cet article étudie l’administration locale aux mains des écoles religieuses tibétaines, en l’occurrence la sous-école Drigung de l’école Kagyü, et la façon dont une famille a su capter le pouvoir administratif et religieux. Tout comme la famille Khön pour l’école Sakya, l’école Drigung est véritablement la création (et même le bien) de la famille Drukgyel Kyura. L’école est fondée vers 1179, mais il faut attendre quelques décennies pour que son développement nécessite une administration civile et militaire. Dorje Senge, le premier gompa (c’est le titre du poste, à ne pas confondre avec son homophone désignant les monastères) appartenait bien entendu à la famille Kyura puisqu’il était le cousin germain du fondateur de l’école. De même, deux de ses frères en devinrent abbés par la suite tout comme deux de ses fils, deux arrières-petit-fils et un arrière-petit-fils qui leurs succédèrent par la suite. Malgré son importance au sein de la lignée, on ne détient aucune information sur son action.

Drigung : luttes de pouvoir héréditaires

Son successeur, en poste au moment des premières incursions mongoles, aurait été capturé en 1240 et contraint de négocier avec eux (lui, et non l’abbé, preuve de l’importance du poste). Cela implique que l’école avait connu un essor rapide au point de susciter l’intérêt des Mongols, et même de défier la puissance des Sakyapa. La révolte des Drigungpa de 1290 est peut-être due à une volonté d’étendre son influence au détriment de leurs rivaux, peut-être avec l’aide de factions mongoles hostiles à la dynastie au pouvoir en Chine. Les gompas disparaissent des sources peu avant, les relations avec les Sakyapa ou leur protecteur Khubilaï Khan ne semblant pas au beau fixe. L’école paie très cher cette révolte, mais conserve apparemment assez de ressources pour que les Sakyapa incitent l’empereur à la clémence afin qu’ils puissent reconstruire leur centre. Au milieu du XIVe siècle, ils peuvent encore tenir tête aux Phagmodru, nouveau pouvoir du Tibet central. Les relations sont en effet tendues : les sources nous apprennent qu’à la mort du gomchen (gompa senior), le gomchung (gompa junior) prend sa place et cherche à réaffirmer la puissance militaire et l’indépendance de Drigung en rassemblant des troupes et en lançant un ultimatum aux Phagmodru. C’est encore un désastre qui neutralise les prétentions politiques de l’école pour un temps. Cette politique laisse d’ailleurs un très mauvais souvenir aux Drigungpa. Le nouveau gompa réussit toutefois à obtenir la reconnaissance des derniers empereurs mongols de Chine, ainsi que celle de la nouvelle dynastie Ming. La suprématie Phagmodru n’est donc pas totale et Drigung évite la déchéance.

Peu après, la fonction se délite progressivement, ses pouvoirs étant répartis entre divers membres de l’école. C’est aussi le symbole de son déclin. Le titre continue à être porté, mais ses détenteurs occupant à plusieurs reprises le poste d’abbé de Drigung et s’alliant finalement aux Phagmodru, il tombe en désuétude et n’est plus mentionné à partir de la fin du XVe siècle.

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