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Les Mayas : grandeur et chute d’une civilisation / Arthur Demarest 09/02/2009

Posted by Rincevent in Mes lectures.
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Nan, pas de jeu de mot pourri dans le titre, j’avais pas assez d’imagination. Déjà ça fait un bail que j’ai rien posté, alors je vais pas abuser, non plus. Ce coup-ci je me suis attaqué à une région totalement étrangère à celles que je lis d’habitude avec Les Mayas : grandeur et chute d’une civilisation d’Arthur Demarest paru en 2007 chez Tallandier.

Les Mayas : grandeur et chute d'une civilisation / Arthur Demarest

Les Mayas : grandeur et chute d'une civilisation / Arthur Demarest

Voilà un bouquin extrêmement intéressant mais mal composé et que j’ai eu du mal à lire. Il faut attendre le deuxième tiers du livre pour rentrer vraiment dans le sujet et en découvrir les bases. En effet, les premiers chapitres nous détaillent les évolutions de la recherche et les différentes théories élaborées au fil du temps. Autant dire qu’on s’emmerde un peu, même si ce n’est pas dépourvu d’intérêt. On aborde ensuite la genèse de la civilisation maya, ses voisins et précurseurs et les influences que ceux-ci ont pu avoir sur elle. Les Maya étaient un peuple ma foi très ingénieux qui ont appris à tirer parti de la moindre parcelle qu’ils occupaient tout en tenant compte de la fragilité et de la diversité fondamentale de leur environnement. À la différence de l’Europe, fondée sur l’exploitation de vastes plaines riches et aux sol épais, les Mayas étaient contraints à l’inventivité par des sols minces et fragiles et cherchèrent donc à imiter la diversité et la dispersion de la nature. On note ainsi une multitude de systèmes d’exploitation agricoles qui furent combinés pour éviter les catastrophes écologiques (qui ne furent pourtant pas forcément évitées). Comme les chercheurs ont longtemps eu du mal à le croire, les Mayas étaient probablement des millions en pleine forêt. La structure de leur habitat, même au cœur des grands centres, alternait zones d’habitation, zones agricoles et zones de forêt. Les Mayas recouraient donc à la culture sur brûlis (on défriche (partiellement), on brûle et on utilise la cendre comme engrais naturel pendant quelques années), aux jardins potagers, aux cultures en terrasse, aux champs surélevés (on accumule de la terre en zone marécageuse afin de créer des crêtes artificielles séparées par des canaux de drainage), à l’utilisation saisonnière de zones inondables… L’environnement très riche et son exploitation intelligente eu pour conséquence une forte autonomie alimentaire. Par conséquent, il est difficile de savoir si le commerce était répandu ou non. Si les marchés locaux existaient bel et bien, on note quand même que certains produits étaient moins facilement accessibles (sel, chocolat, textile, pierre dure, obsidienne) et que les biens de prestige (jade, céramiques polychromes, plumes…) étaient contrôlés par les élites.

Les sites mayas - Wikicommons

Les sites mayas - Wikicommons

La religion chez les Mayas reposait sur le culte des ancêtres, les plus importants étant ceux des familles royales. À coté de ceux-ci, il y avait une pléthore de divinités, inhérente à la conception qu’avaient les Mayas du sacré et de l’univers. Ils voyaient ainsi le monde comme un arbre à 22 niveaux (13 pour les cieux, 9pour le monde sous-terrain) au milieu duquel se trouvait le plan terrestre. Chaque niveau avait ses points cardinaux aux couleurs particulières. Les dieux prenaient donc différentes formes selon leur position, la date, d’où l’impression de multitude. De plus, les nombres, les périodes, les lieux et les ancêtres étaient aussi divinisés. Le souverain était le centre du monde, médiateur entre les différents plans, le peuple et les forces naturelles. Avant de détenir l’autorité politique, il n’était probablement à l’origine qu’un chef religieux. D’un point de vue concret, les rois (K’uhul Ajaw, les « divins seigneurs ») pratiquaient l’autosacrifice du sang : ils s’entaillaient les parties génitales (Ginette ! La mutilation au masculii-iin ! ♫♪) et le sang recueilli servait à tremper un papier qu’on faisait brûler ensuite. Dans la fumée apparaît un serpent-vision, un ancêtre ou une divinité. Ce rite était fondamental au point que les symboles de pouvoir n’étaient pas des sceptres ou couronnes mais les objets utilisés pour le rituel. Aux cotés du roi, les chamanes censés avoir des pouvoirs leurs permettant de communiquer avec les dieux ou les ancêtres. La fonction principale de ces rites est la divination croisée avec la l’astronomie : les Mayas ayant une conception cyclique du temps, noter reconnaître les signes du passé permet de prévoir le futur.

L'arbre-monde maya © Maya12-21-2012.com

L'arbre-monde maya © Maya12-21-2012.com

Les Mayas étaient en effet des fondus du calendrier puisqu’ils en avaient plusieurs. Pour les rituels, ils en combinaient deux : le Haab (365 jours) déterminant les dates de cérémonies, et le Tzolkin (260 jours) utilisé pour nommer les enfants selon leur date de naissance. Les deux étaient combinés en un cycle de 52 ans qu’on appelle aujourd’hui roue calendaire. Au quotidien, les Mayas comptaient à partir de la création du monde (13/08/3114 avant JC) sur la base d’un Tun (360 jours). Ils fêtaient les K’atun, cycles de 20 ans, et les Bak’tun (20 K’atun, soit 400 ans mayas). Bons astronomes, ils alignaient leurs bâtiments sur les corps célestes et/ou sur les montagnes et grottes sous-terraines environnantes, les fins de cycles étant l’occasion de bâtir temples et observatoires.

Le calendrier maya © LeahBtwo

Le calendrier maya © LeahBtwo

Enfin, du fait de leur peu d’influence sur l’économie, les rois n’ont jamais pu développer de grands États centralisés. Les terres mayas n’ont donc été longtemps constituées que de petites cités-États, dont certaines ont toutefois pu s’imposer à leurs voisines et se constituer de puissants réseaux d’alliances et de dépendances (comme ceux de Tikal, Caracol et Calakmul) grâce au charisme personnel des rois. Mais ces réseaux, instables et temporaires, laissèrent la place à un multiplication de petits centres. Pour l’auteur, « on ne peut parler d’un effondrement total et uniforme de ces États, ni, en aucune façon de la fin ou même du déclin de la tradition maya. […] la culture maya s’est perpétuée au long des périodes postclassiques, coloniales et moderne, longtemps après que les cités classiques ont été englouties par la forêt vierge. » Pour lui, les problèmes démographiques et écologiques sont des conséquences des guerres, et non des causes. La seule réponse aux problèmes de ces élites qui se multipliaient (polygamie = rivalités à venir) étaient de construire plus de temples et de faire plus de rituels. Les rois purent donc parfois disparaître au profit de conseils de chefs de famille ou de clan, des élites marchandes ou guerrières. Leurs successeurs ont même pu être plus forts économiquement et politiquement qu’eux, mais n’ont pas eu à se légitimer par les réalisations architecturales et artistiques.

La civilisation maya (Figure 10.10 créée par Arthur Demarest)
Palenque © Simon & Vicki

La civilisation maya (Figure 10.10 créée par Arthur Demarest)
Palenque © Simon & Vicki

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