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Cartographie du Tibet 26/12/2008

Posted by Rincevent in Divers, Le Tibet.
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Certains l’auront peut-être remarqué, depuis quelques temps, j’accompagne mes billets sur le Tibet de cartes créées sur Google Maps.

C’est en recherchant des cartes pouvant illustrer les différents royaumes de l’ouest du Tibet que je suis allé jeter un coup d’œil sur ce service, plus par curiosité qu’avec l’idée d’en tirer quelque chose d’utile. À ma grande surprise, je me suis rendu compte qu’en plus des repères qu’on peut ajouter sur une carte, il était également possible de tracer des lignes, et même de délimiter des zones. Wonderfoul ! Après avoir fait le test ici, j’ai trouvé qu’il correspondait à ce que j’attendais et je continue depuis à utiliser ce service. Alors bien entendu la qualité n’a rien à voir avec les cartes que peuvent créer les professionnels (et même les amateurs sachant un minimum bidouiller les images, dont je ne fais pas partie), mais il remplit les deux critères qui comptent pour moi. Tout comme le blog pour les textes, Google Maps est devenu pour moi un pense-bête utile qui me permet de retrouver les infos dont j’ai besoin de n’importe où (car vu le prix du bouquin, il ne sortira jamais de chez moi). Enfin, je peux présenter des cartes simples et jolies (pas forcément exactes, mais bon…) pour un public néophyte. En admettant que ça puisse l’intéresser, bien sûr…

Quoi qu’il en soit, c’est un truc qui m’amuse bien. Pour créer une carte, j’ai recours à différentes sources d’informations. Il y a bien entendu l’article de départ, mais les bouquins d’Alex McKay étant dépourvus de cartes détaillées, pour me faire une idée il faut aller voir ailleurs. La source la plus importante est le Tibet Map Institute / Institut de Cartographie du Tibet. Ce dernier réalise des cartes détaillées de tout le pays (seule une petite partie a été réalisée à ce jour) et propose des cartes anciennes. Deux cartes fabuleuses peuvent être téléchargées : la carte réalisée par (pour ?) Charles Bell, représentant britannique aux Tibet, Bhoutan et Sikkim jusque dans les années 1920 ; et la carte de son compatriote Eric Teichmann, qui ne couvre que le Kham.

Carte de Charles Bell © Tibet Map Institute.
Carte d'Eric Teichman © Tibet Map Institute.

Cartes de Charles Bell et d'Eric Teichman © Tibet Map Institute.
Attention, les cartes sont tellement grandes qu'elles ont dues être respectivement divisées en 10 et 6 parties.

Hélas, même très détaillées, ces cartes ne peuvent pas tout montrer. De plus, l’écueil inévitable, c’est que les noms tibétains sont tout ce qu’il y a de plus volatile : les villages peuvent disparaitre purement et simplement (région sismique, avalanches) ou changer de nom à n’importe quel moment (phénomène extraordinaire, visite ou naissance de grand lama…). Et quand bien même le village ou monastère n’a subi aucun changement, il faut alors affronter les translittérations fluctuantes de son nom. Par exemple un bled dont la translittération savante en alphabet latin est « Bu Chu » pourra être écrit Buchu, Burchu, Phurchu, Puchu… Et encore le nom reste facilement reconnaissable ! Que dire de Mön Bumthang qu’on peut retrouver sous les noms de Jamba Lhakhang (Jambey, Jampa, Jampey). Pour tenter de résoudre en partie ce problème, j’ai recours à Wikimapia où les usagers peuvent identifier des lieux, mais comme tout wiki, il faut prendre ça avec des pincettes. J’essaie donc de recouper les infos avec les livres que je peux trouver sur Google Books, notamment les guides de tourisme.

Dans certains cas j’arrive donc à localiser précisément le lieu que je cherche sur la carte. Mais ce n’est souvent pas possible, soit parce que le lieu est trop insignifiant pour être indiqué dans les sources, soit parce que la zone de Google Maps n’est pas assez détaillée. Dans ce cas, je dois me contenter de situer le lieu au pif dans la zone concernée. C’est du pinaillage, mais étant un peu perfectionniste, ça m’embête. Quoi qu’il en soit, j’arrive à faire des trucs qui me plaisent beaucoup. Ma dernière création a servi pour le chapitre XXI du premier tome évoqué ici. Une carte qui représente la silhouette de la démone hostile au bouddhisme que l’empereur Songtsen Gampo est censé avoir clouée au sol en bâtissant des monastères sur son corps. Comme toutes les légendes, celle-ci a un fonds historique puisqu’elle représente aussi les entreprise de consolidation progressive du pouvoir sur ses régions périphériques.

La silhouette de la sinmo. En bleu : Lhassa, en rouge : les 4 monastères des 4 Cornes, en jaune : les 4 vainqueurs des frontières, en vert : les temples des frontières lointaines

Et pour ceux qui en veulent encore, voilà ma cartothèque tibétaine !

EDIT : voir aussi la la carte Power Places of Tibetan Buddhism issue du forum des utilisateurs de Google Earth.

Oui je sais, je suis taré. Mouhahaha !

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