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Extrait de « La conversion du Tibet » / David Snellgrove 14/12/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Du fin fond de sa porcherie, quand le blog se meurt faute de mises à jour, quand les lecteurs se lassent et vont lire des trucs intéressants, le voilà ! Porcinoman, le plus grand zéro de tous les temps apparaît et pousse son cri : GROUIIIIIK !

Deux semaines sans poster quoi que ce soit, diantre ! Dans cet article, David Snellgrove nous explique comment le héraut du bouddhisme sur le toit du monde a été confronté aux élites locales, dont les attentes ne correspondaient pas tout-à-fait à ses conception religieuses. Comme dit précédemment, le grand maître indien Atisha fut invité en tant qu’expert du tantrisme par le roi de Guge afin de remettre un peu d’ordre dans les pratiques tantriques dont certaines débordaient assez les limites de la tolérance royale. Après avoir rempli sa tâche avec l’aide du traducteur Rinchen Zangpo, il repart pour l’Inde au bout de trois ans mais des combats au Kyirong/Mangyül l’en empêchent. Son disciple Dromtön l’invite alors à visiter le Tibet central où il s’éteindra en 1054.

Les dirigeants du Guge demandèrent à Atisha de rédiger un texte expliquant quelles pratiques étaient valables ou non, mais le maître a eu quelques difficultés à concilier sa vision du tantrisme avec le souhait d’une réforme plus tranchée que ses commanditaires attendaient. Ne pouvant ignorer ses enseignements passés, Atisha se trouve face à un conflit de priorités. Le problème est en effet qu’Atisha reconnaissait la validité d’une pratique si celle-ci pouvait se reposer sur un antécédent indien. Sa réforme porta donc plus sur la discipline monastique (une de ses spécialités) à la demande expresse des autorités. Pourtant une incompatibilité subsistera toujours entre la voie lente du bouddhisme mahayana (la vertu et l’étude apportent des mérites qui permettront de devenir bodhisattva et donc d’aider les autres êtres à atteindre l’éveil) et la voie rapide du tantrisme (certaines pratiques permettent d’effacer rapidement ses fautes et d’atteindre l’éveil). Atisha expliqua cette différence par le fait que les humains étaient répartis en trois catégories hiérarchiques dont seule la plus haute pouvait suivre les tantras.

Atisha s’adapta donc aux attentes de ses hôtes en mettant en avant les vertus morales de la vie monastiques, seule valable pour la catégorie inférieure, tandis que la catégorie supérieure peut atteindre facilement l’éveil grâce aux tantras. L’articulation de ces deux principes est la suivante : la voie vers l’éveil commence en tant que moine accumulant des mérites au fil des existences jusqu’à s’incarner dans la catégorie supérieure où on pourra enfin obtenir les consécrations tantriques permettant d’atteindre l’éveil (en effet, si on est intelligent et donc susceptible de recevoir les consécrations, c’est qu’on a accumulé des mérites au cours des vies passées). La voie monastique est donc l’antichambre du tantrisme.

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