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Yatse, Guge, Purang : une nouvelle étude / Luciano Petech 21/11/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Hop ! On commence ce nouveau tome avec un sujet qui m’a intéressé malgré son coté un peu fouillis…

En bleu : le Ladakh, en rouge : le Guge, en jaune : le Purang, en vert : le Yatse, en orange : le Mustang

Hors donc, rentrons dans le vif. Commençons par le moins connu. Le Yatse (Semja dans les inscriptions népalaises) était un petit royaume aujourd’hui localisé par le professeur Tucci au village de Sija (ou Lamathada) au Népal. Il semblerait que le royaume ait été fondé par Nagaraja (tib : Nagadeva), un non-tibétain revenu au pays après avoir régné au Gugé. Bien que non-tibétain (et non-aryen comme la majorité de l’Inde de l’époque), ce petit pays a longtemps gardé des liens avec son grand voisin, ou plutôt avec les petites seigneuries qui sont apparues après la dislocation de l’empire tibétain (lui-même dû à l’assassinat de l’empereur Lang Darma en 842 et aux luttes de succession qui éclatèrent dans la famille par la suite). Les souverains sont mentionnés par les chroniqueurs tibétains par le patronnage qu’ils exerçaient sur les érudits bouddhistes en finançant monastères, traductions, entretiens de lieux saints… Les liens se rompent apparemment en 1358, peut-être parce que le royaume s’est effondré et fractionné en plusieurs principautés désormais tournées vers le Népal et l’hindouisme.

Tsaparang, ancienne capitale royale. © Reurinkjan

Tsaparang, ancienne capitale royale. © Reurinkjan

Le Guge (prononcer Gougué) est le mieux connu des trois mentionné. Fondé par un rejeton de la famille impériale tibétaine désormais plus du tout impériale, le Guge couvrait l’extrême ouest du Tibet, débordant un peu sur l’Inde. Région aujourd’hui très aride, c’est de sa capitale Tsaparang que vint la seconde diffusion du bouddhisme au Tibet qui revitalisera les pratiques et verra apparaître plus tard la tradition des lamas réincarnés. Frères et oncles du roi dirigeront les plus importants monastères, assurant le contrôle du pouvoir sur ces derniers. Il semble que le Guge ait été le suzerain du Ladakh et du Purang jusqu’à Nagaraja. Après le départ de ce dernier au XIIe siècle, ses successeurs se firent les protecteurs du bouddhisme, finançant la création d’hermitages autour du mont Kailash (sacré pour les bouddhistes, hindouistes et bönpo).

Les villes-oasis du Xinjiang © Johomaps

Les villes-oasis du Xinjiang © Johomaps

Lorsque les Mongols prirent le contrôle du Tibet aux XIIIe-XIVe siècles, ils laissèrent le pouvoir à Sakya Pandita, supérieur de l’école Sakyapa. L’ouest semble n’avoir connu qu’en partie ce joug, les royaumes ayant semble-t-il conservé au moins leur autonomie. Le XVe siècle voit plusieurs invasions étrangères : des armées venues du Cachemire musulman et des Türks venus de Yarkand ou Khotan. Par la suite le pays passa définitivement à l’école Gelugpa, ce qui se manifesta par la création du célèbre monastère de Thöling. Au XVIe on peut noter le passage de jésuites qui fondèrent la première mission chrétienne du Tibet. Le royaume disparut finalement sous les coups du Ladakh en 1630.

À droite, le lac Manasarovar / Mapam Yumtso, à gauche le lac Rakshastal / Langa Tso, au fond le mont Kailash / Tise - Wikicommons

À droite, le lac Manasarovar / Mapam Yumtso, à gauche le lac Rakshastal / Langa Tso, au fond le mont Kailash / Tise - Wikicommons

Le Purang (prononcer Pourangue) se situe dans la région des lacs Manasarovar et Rakshastal et du mont Kailash. Importante pour trois religions, cette région voit affluer depuis longtemps de nombreux pèlerins malgré son environnement rude. Cet afflux a pourtant toujours été une importante source de revenus. Pourtant, son indépendance a toujours été sujette à caution : on parlerait plutôt de périodes d’autonomie plus ou moins forte. Au XVe siècle, le royaume est brièvement annexé par le Mustang voisin. Quand le Guge s’effondre au XVIIe siècle, le Purang n’est plus qu’une de ses régions et ne connaîtra plus jamais l’autonomie, et encore moins l’indépendance.

Au final, les trois royaumes finiront tous par être absorbés par leurs puissants voisins : Népal pour le Yatse et Tibet pour le Guge et le Purang. De leurs cotés, le Ladakh finira également annexé par le Cachemire (puis par l’Inde), et le Mustang par le Népal, marquant la fin de l’autonomie des petits royaumes guerriers himalayens.

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