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La religion indigène et les bönpo dans les manuscrits de Dunhuang / Rolf Stein 27/10/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Dernier chapitre de ce premier tome (également consultable en français sur Persée). L’article cherche à éclaircir les liens possibles entre la religion pré-bouddhique et la religion bön pratiquée sous une forme remontant au XIe-XIIe siècles. Tout le problème est que les termes bön et bönpo étaient déjà utilisés à l’époque impériale. Y a-t-il une continuité entre les deux, évolution ou récupération ?

Tout d’abord Rolf Stein préfère parler de textes non-bouddhiques plutôt que de textes pré-bouddhiques. En effet, les sources mentionnées remontent généralement à une époque où le bouddhisme était déjà présent au Tibet. Ces sources mentionnent des prêtres appelés bönpo ou shen chargés des rites funéraires, de divination et des divinités locales. Cette religion était aussi appelée chö, terme signifiant… religion et pouvant aussi s’appliquer au bouddhisme et même dans n’importe quel contexte (chölug nangpa = mauvaises mœurs ; lhachö = religion des dieux / bouddhisme…).

Quelle était donc cette religion ? Il s’agit d’un culte de la monarchie divine, ainsi que du culte aux montagnes sacrées et tous les cultes non-bouddhiques (sacrifices, dinivations). Pour Stein elle n’avait probablement de nom particulier. Les origines du bön actuel sont d’autant plus floues que les bouddhistes ont transmis leur propre vision aux chercheurs occidentaux avant que ces derniers n’aient réellement accès aux sources bönpo.
L’auteur cite différentes théories où apparaissent des points communs : l’assimilation d’éléments étrangers peut-être bouddhistes (l’époque et la nature de ces éléments faisant débat), l’opposition au bouddhisme au VIIIe siècle, la formation du bön actuel jusqu’au Xe siècle. Au XIe, le bön est déjà organisé et cohabite avec le bouddhisme. Les textes écrits après cette période conservent de nombreuses traces de l’ancienne religion et semblent indiquer une continuité.

De fait, les similitudes abondent : dans les manuscrits traduisant des textes chinois, le mot bönpo désigne littéralement les « faux maîtres » et plus librement la divination ou la sorcellerie (bönmo = sorcière). Il ne s’agit toutefois que d’une traduction du chinois et non de descriptions. Que ce soit dans les textes anciens ou récents, bönpo et shen (quasi synonymes) viennent soigner et accomplir les rituels. Une preuve de continuité est la présence de diverses divinités ou personnages comme Shenrab Miwo, fondateur du bön, dans les manuscrits de Dunhuang ainsi que dans les textes tardifs. De même, divers thèmes ont été conservés comme celui du rituel funéraire et la langue ancienne se retrouve au travers de certaines expressions ou figures de style. Pour Rolf Stein, il n’y a donc pas de rupture entre les manuscrits de Dunhuang et les textes plus récents du bön organisé, les auteurs de ces derniers ayant vraisemblablement pu s’inspirer des textes originaux ou de copies.

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