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À propos du mot gcug-lag [tsuglag] et de la religion indigène / Rolf Stein 20/10/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Bon, allez, il serait temps de reprendre ma lecture là où elle s’était arrêtée. Pour être honnête, j’ai buté sur ce looong article très dense et assez compliqué et j’ai laissé tomber d’autant plus facilement que c’était la version anglaise. Heureusement j’ai déniché la version française (consultable ici) et j’ai donc pu continuer à ne rien comprendre…

Donc en fait l’article (c’est toujours un article à 50 pages ?) est une réponse adressée à une tibétologue du nom d’Ariane MacDonald, une des pionnières de la discipline spécialisée dans l’étude des manuscrits retrouvés tibétains à Dunhuang. Le débat porte, comme le titre l’indique, sur un terme obscur censé désigner la religion du Tibet à cette époque pré-bouddhique. On est là dans un débat purement historiographique pour savoir quel sens attribuer à ce terme (faut-il même le traduire ?), compliqué par les difficultés propres à la langue tibétaine (qui ne possède pas de ponctuation : les mots sont collés les uns aux autres, seuls les tshegs (genre d’apostrophes) séparant les syllabes). Pour Mme MacDonald, tsuglag était « l’ordre de l’univers », c’est-à-dire la religion du Tibet à l’époque de l’empereur Songtsen Gampo, constituant un système politique cohérent. Le bön, pourtant déjà présent et mentionné, aurait pu n’être selon elle qu’un courant religieux différent.

M. Stein souligne quant à lui que les sources utilisées par Ariane MacDonald ne sont pas un ensemble de textes sacrés défendus par un clergé, mais simplement d’un groupe de documents disparates ayant eu la chance d’être conservés dans de bonnes conditions, mais sans liens réels entre eux. Déjà à l’époque le bön était mentionné (mais pas encore avec son habillage philosophique actuel) en tant que « culte » des sorciers et guérisseurs opposés au bouddhisme. Pourquoi avoir donc choisi le terme tsug ? Si pour l’une on a affaire à deux noms propres différents, pour l’autre il faut au contraire traduire tsug et tsuglag (l’un étant l’abrégé de l’autre). Plusieurs sens sont possibles :
sciences ou textes sacrés, ou science des brahmanes, qu’on pourrait traduire par « traités »
sagesse, avec une connotation politique de bonne conduite ou de morale. Ce sens fut utilisé pour traduire les sources chinoises parlant de bonne conduite, piété filiale etc…
Pour Stein, ces termes ne sont à prendre au pied de la lettre et ne sont que des figures de style pour désigner le bon vieux temps où tout allait bien, quand les rois régnaient « à la manière des dieux », c’est-à-dire comme le premier ancêtre mythique (et divin). Bref ils ont maintenu les anciennes lois en vigueur dans un pays pur et sans taches. Pour illustrer cette idée, le terme est par exemple utilisé pour évoquer les montagnes sacrées, piliers du monde, et le ciel, symboles d’éternité et de stabilité. Qui plus est, ces formules semblent être d’inspiration chinoise. Hors les textes chinois les utilisent également dans le sens de bonne conduite / morale.

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