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La désintégration du royaume tibétain / Luciano Petech 25/02/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Vers 842, l’empereur Lang Darma fut assassiné par un moine bouddhiste à cause de son attitude hostile envers la nouvelle religion. Ce dernier ne laissa pas d’héritiers légitimes et ce vide détruisit tous les obstacles que la monarchie avait dressé face à l’aristocratie. Deux factions se disputèrent le trône pendant des années.

La tradition raconte que la reine douairière tenta de promouvoir un enfant aux origines suspectes, appelé Yumten. Au même moment, une autre épouse donna naissance à un enfant soi-disant posthume appelé Ösung. Notons que selon les Chinois, Lang Darma était mort dans une période peu agitée. Quand leur envoyé arriva au Tibet pour présenter les condoléances officielles, il découvrit que l’aristocratie avait proclamé empereur un neveu de la reine âgé de trois ans, la reine gouvernant en son nom. Cet enfant semble être Yumten car ses dents poussaient déjà quand sa mère le présenta aux ministres. Il « régnait » sur le Ü, la province de Lhassa. Ösung, quant à lui, est né au chateau de Yumbu Lakhang dans la vallée du Yarlung.

Yumten, également appelé Tride, jouissait d’un pouvoir fort au début puisque sa mère contrôlait la capitale et l’administration, mais sa situation se dégrada rapidement. La cour chinoise ses Tang finit par perdre le contact avec lui. Ösung, également appelé Tri Namde, contrôlait la vallée ancestrale et le temple royal de Samye.
Les textes laissent entendre qu’un accord tacite existait, considérant le trône vacant en attente d’un règlement, mais la situation s’embrasa puisque les ministres ne pouvaient se mettre d’accord. Le conflit opposait surtout les familles Wa et Dro. La première avait été le fervent soutien de la politique de Lang Darma, la seconde était apparentée à la famille impériale. Un ministre refusa pourtant de reconnaître Yumten malgré les pressions de la reine et fut renversé par les partisans de cette dernière.

L’autorité d’Ösung s’étendait à Dunhuang, mais la division du pays n’était pas encore jugée définitive puisque les textes citent le grand roi Yumten. Pendant une année de la souris, Ösung et sa mère ayant le statut de régente émirent un document à destination du clergé de cette ville. La Chine l’ayant prise en 848, cela situe les événements vers 844. Au final, Ösung contrôla le nord pendant six ans jusqu’à ce la Chine le repousse. Yumten, quant à lui, n’exerça aucune influence sur les territoires extérieurs.

Aucun camp ne parvenant à l’emporter, l’empire fut divisé en deux parties appelées Metrom et Tötrom. Ösung régnait sur le centre du pays au sud du Tsangpo et le Yarlung, Yumten sur le Ü et Lhassa. Les institutions centrales se disloquèrent, les opposants au bouddhisme en profitant pour accroître les persécutions. Les établissement bouddhistes disparurent les uns après les autres, leurs dirigeants fuyant à l’étranger. Ösung mourut au Yarlung et fut le dernier souverain enseveli dans les tombes royales, Yumten mourut à l’âge de 36 ans.

Ösung eut un fils nommé Palkhortsen, celui de Yumten étant Tride Gonyen. Palkhortsen régna sur la région que lui laissa son père. Personnage obtus et agressifs, son entourage vivait dans l’insécurité. L’anarchie et la vilence devenant insupportables, ses sujets pensèrent rappeler un de ses fils mais rejetèrent l’idée et préférèrent inviter le fils de Yumten. Celui-ci avait plusieurs avantages : arrière-petit-fils des souverains vertueux d’antan, généreux envers les nobles bouddhistes et surtout respectueux des traditions alors que les lois étaient ignorées. Ils le nommèrent donc chef suprême et cessèrent de reconnaître l’autorité de la famille Ösung.
Le nouveau souverain était agé et plein de bonnes intentions, mais ne réussit pas à contrôler l’aristocratie. La situation lui échappa complètement et une rébellion générale éclata. Six centres de révoltes apparurent où la noblesse cherchait à capter le pouvoir local : le Tibet se disloqua en une multitude principautés rivales dont certaine survécurent aux mains des derniers héritiers impériaux comme le Mangyul Gungthang (-1620), le Purang et Guge (-1630) ou encore le Ladakh (-1842). Peu après, les tombes royales furent pillées par un groupe de quatre nobles, seule celle de Songtsen Gampo y échappant.

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