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Les premiers souverains du Tibet : leur lignée et rites funéraires / Nathan S. Cutler 19/02/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Dans ce chapitre, Nathan Cutler nous décrit par le menu en quoi consistait être tsenpo, empereur du Tibet.

L’âge des Tsenpo

Les empereurs historiquement attestés apparaissent avec Songtsen Gampo (et peut-être père Namri Songtsen) jusqu’au règne de Lang Darma. Le mot tsenpo s’applique à une période floue précédant les temps historiques et associe la dynastie du Yarlung aux Tsen (bTsan), êtres mythiques. Alors que le titre tsenpo (littéralement « le puissant ») était en usage à l’époque de Songtsen Gampo, ses prédecesseurs immédiats étaient connus sous le nom des Cinq Tsen. Ils sont suivis par Lhathotori Nyantsen, premier à prendre contact avec le bouddhisme.
Le mot Tsenpo illustre bien les changements qui ont affecté le Tibet : les Tsen étaient des entités surnaturelles puissantes avant l’arrivée du bön ou du bouddhisme. Lui-même a succédé aux titres Lhasa (fils des Lha) puis Desa (fils des De). Les anciennes reines mères avaient des origines surnaturelles, venant soit des cieux, soit du monde sous-terrain. Les souverains sont devenus tsenpo quand cette lignée maternelle est devenue humaine en laissant un corps après la mort. Ceci renvoie au deuxième groupe de souverains, les deux Teng, qui furent les premiers empereurs mortels après que la corde magique les reliant au ciel ait été coupée (représentation de l’introduction d’une religion au Tibet).

Sources textuelles

Les plus anciens textes retrouvés proviennent des grottes de Dunhuang. Ces textes sont attribués au ministre Senang de l’empereur Trisong Detsen et posent les bases de l’histoire ancienne telle qu’elle s’est transmise. S’y ajoutent un terma (texte-trésor) découvert au XIVe siècle décrivant les cinq ordres du royaume (dieux et démons, souverains, reines, traducteurs et érudits, et ministres), ainsi que des histoires religieuses bouddhistes retraçant la tradition populaire. Le canon bönpo et des textes variés apportent des informations sur la religion non-écrite qui précédait.

Rites funéraires

Le Bön a supplanté des traditions encore plus anciennes en récupérant leurs croyances, mais à leur tour, celles-ci récupérèrent les représentants des divinités, les Tsen. Ces représentants, les souverains, étaient reliés au ciel par une corde. Les sept premiers ne laissèrent aucun corps : ils ne mourraient pas mais se diluaient dans le ciel comme un arc-en-ciel. Drigum trancha la corde et ses successeurs furent enterrés. Ceci représente un conflit religieux opposant un système animiste à un autre vénérant le ciel. À la mort de Drigum un nouveau mythe apparaît pour intégrer la nouvelle tradition et faire de son fils Nyakhyi le nouvel ancêtre.
Le corps de Drigum avait été éclipsé par un Klu (être du monde sous-terrain). Le Klu étant à l’origine de l’humanité, un fils magique naît de ce « retour aux sources » et restitue le corps à ses demi-frères qui l’enterrent selon la tradition. Pour pouvoir récupérer le corps, ils avaient dû céder une fille au Klu. La mère de celle-ci exigea qu’à chaque décès de tsenpo son chignon soit tressé en une natte, son corps teint en vermillon, lacéré, écorché et caché des hommes. Les funérailles devaient être l’occasion de repas.
Le Bön et le bouddhisme absorbèrent le maximum des croyances indigènes au point que celles-ci disparurent en tant qu’ensemble indépendant. Bien que le bön ait été une tradition non-écrite jusqu’à l’arrivée du bouddhisme, les croyances indigènes lui furent assimilées.
La transition entre les deux systèmes religieux s’est faite en passant de funérailles aquatiques à l’enterrement. L’absence de données est dûe aux bönpo et bouddhistes qui nièrent l’existence de rites plus anciens. Sous le règne de Drigum, des bönpo furent invités de Perse et de l’actuel Qinghai pour pratiquer leur rituels funéraires : offrandes destinées à nourrir le défunt, préparation du corps teint en vermillon (le corps étant la demeure vivante du feu), (auto)mutilation. Pendant un temps, le défunt repose dans une « chambre de confinement ». Si le rituel n’est pas bon, la lignée risque de ne pas survivre et perdra son pouvoir.
En contrôlant les rites, les bönpo devinrent de plus en plus irremplaçables, ce qui leur permit de développer une hiérarchie. Face à ce pouvoir, les souverains détiennent la « prérogative essentielle » ou pouvoir divin qu’ils partagent avec bönpo et ministres, mais dont ils sont l’incarnation.

Les tombes des rois du Yarlung

Le tsenpo devait remplir quatre conditions pour être un bon souverain : ériger un doring (pilier), une tombe, un chateau et un temple. L’auteur décrit ici les différentes tombes connues pour les tsenpo.

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