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L’origine du royaume tibétain / Hugh Richardson 18/02/2008

Posted by Rincevent in History of Tibet / Alex McKay.
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Allez ! Reprenons un peu notre lecture là où nous l’avions laissée il y a un (long) moment. Cet article, écrit par un des grands tibétologues du XXe siècle s’attaque à la genèse de la dynastie du Yarlung. L’auteur aborde d’abord les premiers souverains retenus par la tradition. Ceux-ci sont avant tout mythiques et ne sont vraisemblablement qu’une représentation de la cosmologie bön : ce sont des êtres résidant aux Cieux. Le fait que les pères retournent aux cieux quand leurs fils atteignent l’âge requis (13 ans : j’ai toujours su que je devais me méfier des morveux) pour gouverner est une réminiscence de fins de règne brutales. La légende selon laquelle ils regagnaient les cieux via une corde magique est tardive et ne figure pas dans les textes anciens.

Une nouvelle lignée naît avec Drigum Tsenpo, dont les fils Nyakhyi (le cadet) et Shakyi (l’aîné) se partagent les terres : l’un va règner sur le Kongpo, l’autre garde le chateau du magicien et devient le premier tsenpo (empereur) du Tibet. La tradition inverse existe aussi, manière pour les souverains du Yarlung de légitimer l’annexion du Kongpo et le maintien de son prince au rang de Gyeltran (prince vassal).

L’ancêtre retenu sera aussi connu sous les noms de Pude Gungyel / Öde Pugyel. Mais il n’est pas sûr que ces noms désignent une seule et même personne. Quoi qu’il en soit, les pouvoirs divins disparaissent quand le père de Pude est tué. Celui-ci défait les principautés du sud du pays après qu’elles se soient affrontées, manière d’insérer Pude dans les temps historiques en lui attribuant a posteriori les conquêtes de ses successeurs. Pude Gungyel / Öde Pugyel personnifie désormais le Tibet.
La relation Öde Pugyel / Nyatri Tsenpo est obscure. Il semble que les bouddhistes considéraient le premier comme ancêtre divin, le second l’étant pour les princes du Kongpo (peut-être parce qu’ils n’avaient pas tout à fait adopté le bouddhisme).

Ensuite l’auteur parle longuement de l’histoire de Tagbu Nyazig. Résidant au chateau de Chingwa Tagtse (celui du magicien), celui-ci doit faire face au seigneur voisin du Ngapo. Un des ministres de ce dernier se réfugia auprès du seigneur d’Oyül puis assassina son ancien maître et reçut des terres en récompense. Malheureusement, sa femme humilia gravement deux serfs, anciens ministres du prince de Ngapo, à tel point qu’ils se plaignirent au prince d’Oyûl, lequel les envoya paître (serfs – paître, elle est bonne, arf).
Pendant ce temps, un ministre fut tué dans un duel, mais son frère ne put obtenir du prince une compensation. Furieux, il prit langue avec un des serfs et se mit d’accord avec lui pour offrir son allégeance à Tagbu Nyazig. Ce dernier hésita d’abord à prendre part au complot car sa sœur était la femme du prince d’Oyül tandis que la sienne était parente de ce dernier mais accepta.
Alors que les comploteurs se rendaient à Chingwa pour faire allégeance, ils se firent repérer et Tagbu était mort avant de pouvoir faire quoi que ce soit, capturé par le prince de Yar, vassal d’Oyül. L’intervention de Yar permettait au prince d’Oyül de de débarrasser de son rival Tagbu.
Les comploteurs ayant survécu, ils offrirent leur allégeance aux deux fils de Tagbu, Songtsen et Songköl. Pourquoi une telle détermination alors que leurs terres étaient encerclées par le Ngapo, l’Oyül et le Yar ? Parce que les souverains du Yarlung jouissaient d’une aura particulière en tant que tsenpo, fils de dieux. Songtsen dressa une armée de 10 000 hommes pendant que son frère restait avec leur mère et pris le château de son ennemi après l’avoir innondé en construisant un barrage.
Le tsenpo prit possession du pays et récompensa largement les siens : le serf reçut le chateau du ministre qui l’avait humilié, le frère malheureux hérita de celui de l’assassin de son frère et tous eurent beaucoup de serfs.

Le tsenpo n’agrandit que modérément ses terres mais tira un grand prestige de ses actes. Un intrigant, Khyungpo Pungse Zutse, essaya de s’attirer ses bonnes grâces en lui livrant une terre conquise et en essayant d’évincer d’autres courtisans. Il se querella avec Nyang Zhangnang, le fils de l’ancien serf devenu ministre et finit par devenir premier ministre. Il conquit le royaume du Zhangzhung pour le tsenpo avant d’être lui-même évincé par le ministre Gar Songtsen Yülzül.

C’est à cette période que Namri Songtsen envoya une ambassade en Chine après avoir appris que les Turcs et les Tuyuhun avaient obtenu des princesses chinoises pour leurs souverains. Sa requête ayant été rejetée, il monta une expédition punitive contre les Tuyuhun qu’il tenait pour responsables (non mais en même temps, elle a dit non, quoi, faut pas insister msieur !) puis assiégea la ville frontalière chinoise de Sung-chou. Il battit une force envoyée contre lui mais dut plier face à une grande armée. Les Chinois l’ayant sous-estimé et considérant les Tibétains comme une nouvelle force finirent par lui octroyer une épouse. Le ministre Gar vint la chercher en 641, début de l’histoire tibétaine.

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